Faut-il avoir peur de la vaccination ?

35.000 cas ont signalé des effets indésirables de la vaccination Anti-Covid

Critiquée violemment par les “antivax”, la vaccination anti-Covid est désormais au coeur des débats publics. Selon le Centre national antipoison et de pharmacovigilance, il n’y a pas lieu de s’alarmer. Sur les 35.000 cas ayant signalé des effets indésirables, plus de 99% d’entre eux présentent des complications légères.

La polémique sur la vaccination anti-Covid-19 n’a jamais été aussi enflammée dans notre pays. Sur fond des manifestations populaires qui ont secoué les rues dans plusieurs villes marocaines pour protester contre le pass sanitaire obligatoire, la place de la population «antivax», qui refuse de se faire vacciner pour diverses raisons, ne cesse en effet de grandir. Invoquant des effets secondaires à gravité variable et l’absence d’une politique étatique pour la prise en charge des personnes victimes d’une vaccination malencontreuse, les antivax s’élèvent contre ce qu’ils qualifient de dictature vaccinale qui met en danger la vie de certaines personnes.

Mais pour calmer les esprits et communiquer davantage sur la vaccination, chose qui manquait affreusement pendant toute la campagne, le Centre national antipoison et de pharmacovigilance sort enfin de son mutisme pour donner un bilan sur le côté sombre de cette vaccination. Il s’agit, ainsi, pour sa directrice générale, Docteur Rachida Soulaymani Bencheikh, de 35.000 cas ayant signalé des effets indésirables, dont plus de 99% présentent des complications légères.

Traitement des cas graves
«Ces effets secondaires légers, qui disparaissent naturellement au bout d’un ou deux jours, sont les mêmes qui apparaissent après la prise de n’importe quel médicament ou encore l’administration de tout autre vaccin, tels la fièvre ou la fatigue», a expliqué Mme Bencheikh en marge d’une rencontre interactive via la page Facebook officielle du ministère de la Santé et de la Protection Sociale. Dans le détail, 80% des cas signalés proviennent des citoyens alors que 20% ont été notifiés par des professionnels de la santé. Les cas considérés par l’Organisation mondiale de la santé comme sévères ne représentent que 0,5%.

Le Centre national antipoison reçoit les déclarations relatives aux effets indésirables présumés de la vaccination contre la Covid-19 via une ligne téléphonique 24/24, sur internet ou encore moyennant un écrit adressé au centre. Concernant le diagnostic et le traitement des cas graves, le ministère de la Santé, à travers les hôpitaux universitaires, régionaux et provinciaux, en assure la prise en charge lorsque le patient ne bénéficie ni d’une assurance ni de la carte lui permettant de profiter du système d’assistance médicale RAMED.

Un point qui a suscité de vives critiques car l’État, au lieu d’assurer la prise en charge de tous les malades victimes de la vaccination, fuit encore une fois ses responsabilités. Une fuite en avant qui n’est pas digne d’un Maroc en progression vers un Etat de droit. Toujours estil, face à l’absence d’une politique publique claire et transparente vis-à-vis des dangers encourus après la vaccination, les antivax continueront d’appeler au rejet du pass sanitaire, qui représente pour eux une grave atteinte aux libertés publiques et individuelles.