Un avenir prometteur dans un monde globalisé


60 ANS DE RELATIONS MAROC-CHINE


La Chine a su créer son propre modèle de développement la classant comme deuxième puissance économique mondiale. Une expérience qui doit être partagée avec le Maroc et le continent africain, qui a un grand potentiel.

60ème anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre le Royaume et la Chine. Un agenda qui a conduit l’Institut Royal des Études Stratégiques (IRES) avec l’ambassade de ce pays à organiser à Rabat, le mardi 13 novembre 2018, une rencontre sur le thème «L’avenir des relations entre le Maroc et la Chine dans un monde globalisé». Comme l’a précisé Mohamed Tawfik Mouline, directeur de l’IRES, il s’agit de faire le point sur les relations bilatérales et d’appréhender les perspectives de leur consolidation et de leur promotion.

Nouvelles Routes de la Soie
La coopération se porte bien. Au plan politique, la convergence des positions se vérifie tant au plan bilatéral que multilatéral. Au plan économique, la Chine est le troisième partenaire commercial du Maroc, avec des échanges de 42 milliards de Dh en 2017, stimulés par une progression annuelle moyenne de 17% entre 2001 et 2017. Le flux touristique, lui, est tout aussi encourageant depuis la suppression du visa d’entrée aux citoyens chinois.

Une telle progression a été consacrée par la visite royale à Pékin en mars 2016, qui a scellé un partenariat stratégique entre les deux pays dans de nombreux domaines (économie, finance, industrie, culture, énergie, infrastructures…), une quinzaine d’accords ont été conclus à cette occasion. À la fin 2017, Rabat a adhéré au mémorandum d’entente sur les Nouvelles Routes de la Soie, lequel s’inscrit dans la perspective bilatérale mais aussi triangulaire (Chine-Maroc- Afrique, Chine-Maroc-Europe).

Une évaluation soulignée par Mohcine Jazouli, ministre délégué aux Affaires étrangères, pour qui les motifs de satisfaction ne manquent pas non plus: doublement des flux commerciaux entre 2007 et 2016, investissements directs chinois quintuplés entre 2011 et 2015, installation d’entreprises chinoises, dont China Railway Engineering Corporation (pont Mohammed VI, tronçons de la LGV Tanger-Casablanca) ou encore Huawei, qui a transféré son siège régional au Maroc pour en faire un hub africain. Mais, à ses yeux, un «autre projet emblématique » est le projet de la Cité Mohammed VI Tanger Tech, signé en 2016, conduit par Othmane Benjelloun, président de BMCE Bank.

Coopération tripartite
De l’audace, une vision pour un investissement de 10 milliards de dollars et la création de plus de 100.000 emplois. De quoi élargir le partenariat et l’inscrire à terme vers «une logique de co-production sino-américaine et plus encore sino-africaine». Il a également ajouté que, du fait de sa position privilégiée en Afrique, le Maroc capitalise des atouts pour être «une plateforme–relai» pour le développement économique du continent. Une coopération tripartite ne peut en effet que générer des synergies et démultiplier son impact. La Chine a su créer son propre modèle de développement la classant comme deuxième puissance économique mondiale. Une expérience qui doit être partagée avec le Maroc et le continent, qui a un grand potentiel. Enfin, Mohcine Jazouli a mis en exergue les facteurs de cette réussite du modèle chinois: l’attachement à l’intégrité territoriale, la culture et l’esprit d’initiative, la priorité de l’économique sur l’idéologique, la crédibilité des institutions, la défense des acquis et l’ouverture sur le monde. Pour l’ambassadeur Li Li, l’amitié entre les deux pays «s’enracine dans la profondeur des âges, notamment avec le navigateur chinois Wang Dayuan (14ème siècle), qui est arrivé jusqu’à Tanger; et à Ibn Batouta, grand voyageur jusqu’en Chine.

Consolidation et promotion
Le partenariat entre les deux pays participe d’une vision stratégique conclue en 2016 et qui se décline au plan bilatéral, régional et mondial. Des affinités existent aussi dans le domaine culturel entre les deux peuples; trois instituts Confucius ont été créés; quelque 200.000 touristes sont attendus au cours de l’année 2018; des jumelages regardent une dizaine de villes et de régions; les flux étudiants et les échanges universitaires progressent fortement. Il a enfin appelé de ses voeux le renforcement du partenariat stratégique dans le long terme, l’exploration de nouvelles pistes sur le principe «gagnant-gagnant» et une compréhension réciproque approfondie.

Cette rencontre s’est articulée autour d’interventions de témoins, dont Othmane Benjelloun, et de quatre sessions sur la consolidation de la coopération politique (Fathallah Oualalou…), le renforcement des relations économiques, la promotion des échanges culturels et humains, enfin sur la coopération tripartite (Maroc–Chine–Afrique). Au delà du bilatéral, l’IRES a voulu avec ce calendrier étudier la recherche et la mise en place d’un nouveau modèle de développement de nature à optimiser l’insertion dans la mondialisation sans minorer les spécificités du continent.

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