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Quel avenir pour les étudiants marocains rentrés d’Ukraine?

Un dossier épineux

Entre les étudiants ingénieurs marocains qui protestent contre l’intégration des étudiants venus d’Ukraine et l’échec d’une grande majorité des étudiants en médecine venus de l’Ukraine à réussir le concours d’accès aux facultés de médecine et de pharmacie privées, le dossier épineux de ces étudiants marocains fuyant la guerre russo-ukrainienne semble loin d’être résolu.

Le scénario se répète-t-il? Des concours nationaux pour intégrer les étudiants d’Ukraine dans les écoles publiques d’ingénierie. Telle est la formule proposée par Abdellatif Miraoui, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation. Une formule déjà proposée aux étudiants en médecine avant d’être annulée à cause de la protestation des étudiants au Maroc. Depuis le lundi 26 septembre les étudiants en ingénieries au Maroc de 26 établissements publics de formation d’ingénieurs ont décidé de mener une grève durant toute la semaine à cause de l’annonce du ministère de l’Enseignement supérieur l’ouverture des candidatures aux étudiants marocains revenus d’Ukraine pour s’inscrire dans les Écoles nationales d’architecture de Rabat, Fès, Marrakech, Tétouan, Agadir et Oujda.

Dans un communiqué à l’issue d’une assemblée des bureaux et des associations des élèves-ingénieurs de 26 établissements publics, la Coordination nationale des élèves-ingénieurs du Maroc (CNEM) a dénoncé la fermeture de la porte du dialogue par le département de Abdellatif Miraoui, malgré les déclarations émises par les différents bureaux et associations des élèves-ingénieurs, rejetant ainsi la décision d’intégrer les étudiants marocains d’Ukraine.

Principe d’égalité
Ainsi, la coordination a appelé à «l’ouverture d’un dialogue direct et urgent la semaine prochaine avec elle, en tant que plateforme générale et unifiée de défense des droits des élèves-ingénieurs au Maroc», exprimant son intention «d’utiliser tous les moyens de lutte jusqu’à ce que cette décision ministérielle soit abandonnée». A l’image des étudiants des facultés de médecine publiques, la coordination justifie son refus de l’intégration des étudiants venus de l’Ukraine en annonçant que cette décision «vise le principe d’égalité des chances et approfondit la crise de surpopulation, en l’absence de projets de développement d’infrastructures pour ces institutions», notant que «choisir de terminer ses études en Ukraine nécessite que l’individu soit préparé à l’avance, psychologiquement et financièrement ».

«C’est ce qui soulève le choix de poursuivre ses études dans des écoles privées reconnues par le ministère. Ces dernières ont la capacité nécessaire pour accueillir les étudiants revenant d’Ukraine, tout en leur assurant un accompagnement particulier afin de pallier les problèmes d’intégration au niveau du système et de la langue de formation prévue pour leur équité», a conclu la CNEIM.

Mais ce ne serait pas d’abord un coup d’inégalité envers des étudiants qui n’ont pas choisi de quitter le territoire ukrainien? Le même principe d’inégalité est déploré par les étudiants en médecine, médecine dentaire et pharmacie venus d’Ukraine et dont le nombre s’estime à 835 et qui ont passé, samedi 24 septembre, le concours d’accès aux écoles de médecine privées du Maroc. Alors que près de 70% ont échoué à ce concours, l’Association des parents des étudiants marocains en Ukraine (ANPEMU) a regretté que «la pédagogie d’enseignement suivie en Ukraine et la langue dans laquelle les étudiants ont été enseignés n’as pas été prise en compte».

En effet, le nombre de lauréats ayant réussi le concours a atteint 123 sur 393 candidats, dont 34 en médecine générale, 79 en dentisterie et 10 en pharmacie. Le pourcentage de non-réussite au concours était de 68,7%, contre 31,3%. Ainsi, alors que l’intégration de ces étudiants fuyant la guerre s’avère difficile, le bras de fer entre le ministère et les étudiants semble loin d’être terminé.

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