QUAND LES AUTORITÉS ÉCRASENT LES MÉDIAS CLASSIQUES EN FAVEUR DES MÉDIAS SOCIAUX

ENTRE INFORMATION ET FAKE NEWS

Tout comme les médecins, les policiers, les gendarmes et les agents d’autorité, qui ont été en première ligne dans la lutte contre le Covid-19, les journalistes marocains ont fait le parcours du combattant pendant cette crise. Rédacteurs, reporters ou photographes, les journalistes ont pris d’énormes risques sur le terrain pour l’exécution de leur activité.

Durant ce temps du coronavirus, où la population avait un contact limité avec l’extérieur, l’information est devenue le seul moyen d’apaiser l’angoisse et la peur des citoyens confinés. À travers des reportages, des interviews, des chroniques… les journalistes ont tout mis en place pour rapprocher les Marocains de ce qui se passe à l’extérieur, en regroupant des informations sûres et vérifiées.

Au moment où les médias nationaux faisaient tout leur possible pour innover afin de reconstruire et renforcer la confiance avec les lecteurs, les autorités ont choisi les réseaux sociaux pour communiquer les informations cruciales à propos de cette crise. Une action qui vient omettre les efforts fournis au quotidien par les journalistes. Les agissements de certains responsables creusent le fossé entre les médias classiques et le grand public. Avec une communication qui se fait de plus en plus à travers des pages Facebook, ou des sites électroniques, le journaliste se voit écarté de sa mission principale, celle de collecter l’information et de la transmettre de façon adéquate.

Pourquoi priver les journalistes de leur droit à l’information? Où est passé le rôle de la MAP, en tant que premier vecteur de transmission de l’information nationale et internationale au Maroc? Les questions se multiplient, et les agissements de certains responsables qui réfutent les multiples sollicitations des journalistes en faveur d’une publication sur Facebook ou Twitter deviennent intolérables. Le rôle du journaliste ne sera jamais éliminé. En ces temps de crise, les médias marocains ont rempli une mission de service public.

Parallèlement, les médias sociaux qui ont servi à relayer les informations certes, ont également conduit à la propagation de plusieurs fake news qui ont apeuré nos concitoyens. Avec un maintien de cette politique de partage sur les réseaux sociaux, nos responsables ne doivent plus s’étonner de voir de faux communiqués de presse circuler massivement, en induisant en erreur les lecteurs. L’accès trop facile à l’information prive les lecteurs de recevoir une information exacte, vérifiée, et fiable pouvant les sensibiliser et les informer avec rigueur et précision.

Il est inadmissible de placer les journalistes au dernier rang. Dans le monde entier, la priorité est toujours consacrée aux médias traditionnels pour éviter de faire des réseaux sociaux des foyers qui monopolisent l’information. D’ailleurs, les premières informations sur le Covid-19 ont été annoncées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à travers les points de presse quotidiens.

La sphère des réseaux sociaux permet de faire circuler les informations et ne peut aucunement devenir le centre de la création de cette dernière. Sinon, les lecteurs seront incapables de démêler le vrai du faux. Il est peut être temps que nos responsables arrêtent de sous-estimer le rôle des médias nationaux, en favorisant les médias étrangers ou les réseaux sociaux. Réactivité et respect, deux conditions clés qui pourront permettre une meilleure collaboration entre journalistes et responsables, dans le seul but, d’informer avec rigueur les Marocains.


7 commentaires

  • Belhajilalia

    23 Juin 2020

    Le 4ème pouvoir est ,désormais, la toile. Il faut se rendre à l'évidence. Un journaliste réfléchit, pose des questions, objecte ...communique entre les lignes avec les masses. Pire encore, il se conforme à la légalité, ce qui le met, en général, hors de portée. Le pouvoir, où qu'il s'exerce, se méfie de lui. Le journaliste a toujours été encombrant et ce n'est pas la destitution de Nixon qui nous démentirait .Les réseaux sociaux sont devenus une poubelle où l'on peut tout déverser et quand ça dégage les odeurs nauséabondes, on crie au piratage ou bien on supprime. Plus la moindre trace. C’est simple. Et ,c'est peut-être naïf mais le journaliste on ne peut pas éviter éternellement de le regarder en face pendant ou après l'émission de l'information. Le journaliste est le témoin indésirable. Quiconque voudrait persister dans ce noble métier, doit s'y faire en acceptant la réalité. Le "serment de Thomas Jefferson" est à opposer à tous ceux qui ont peur du journaliste: plutôt une presse sans le pouvoir, donc avec des journalistes, qu'un pouvoir sans la presse. C’est le talon d'Achille de la démocratie. Le leurre des réseaux sociaux n'est pas fait pour duper tout le monde ni pour durer .L'anarchie qui le régit et lui assure la vie, finira par le tuer.

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