Les autorités s’apprêtent à annoncer une levée graduelle des restrictions sanitaires

Vers un retour progressif à la vie normale

Les autorités sanitaires vont bientôt alléger le dispositif de restrictions en vigueur depuis plusieurs mois. Parmi les mesures attendues: repousser le couvrefeu jusqu’à 23 heures et autoriser les activités jusque-là fermées comme les hammams, les salles de sport et les salles de fêtes à rouvrir leurs portes.

Dans les salons feutrés des palaces comme dans les terrasses des cafés ou encore dans les rues, les Marocains n’ont plus désormais qu’un seul sujet de discussion: quand est-ce que les autorités vont annoncer une levée des restrictions? On s’attend, d’un jour à l’autre, à une annonce officielle du ministère de la santé et de son homologue de l’intérieur pour décréter une levée de mesures restrictives. Bien que le nouveau gouvernement ne soit pas encore formé, le gouvernement sortant s’occupe de la gestion des affaires courantes.

Et la gestion de la crise sanitaire en relation avec les mesures de restrictions font encore partie des pouvoirs dévolus au gouvernement sortant. Selon des sources bien informées, les autorités sanitaires, en coordination avec les autres départements concernés, finalisent leur plan relatif à une levée progressive des mesures restrictives en vigueur, pour un retour graduel à la normale.

A l’instar des Etats-Unis, de la France et d’autres pays, le Maroc s’apprête, lui aussi, à alléger ses restrictions sanitaires. Parmi les mesures attendues, la reprise de l’ensemble des activités économiques, ainsi que l’autorisation des rassemblements. Autre mesure attendue et non des moindres: repousser le couvre-feu nocturne jusqu’à 23 heures.

Des voix s’élèvent pour réclamer la suppression pure et simple du couvre-feu nocturne. Mais cela semblerait plutôt utopique dans la mesure où les autorités sanitaires voudraient préserver les acquis en matière de baisse des cas constatée depuis quelques semaines. Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que ce retour progressif à la normale est certainement conditionné par l’extension du pass sanitaire, ainsi qu’une baisse continue des contaminations au Covid- 19 et des cas graves.

Renforcer les acquis sanitaires
Un accord relatif à l’extension du pass sanitaire semble avoir été conclu, pour accéder aux espaces publics. Progressive, la mise en place de cette mesure concerne, dans un premier temps, l’accès aux salles de sports, hammams, cafés, restaurants et grands centres de commerce. Les universités, les écoles de formation professionnelle, les hôpitaux publics, les institutions sociales, les théâtres, les cinémas, ainsi que les moyens de transport public sont également concernés par cette première extension du pass sanitaire.

Cette mesure est une étape primordiale pour encourager à la vaccination. L’objectif de cette campagne vaccinale, faut-il le rappeler, est d’atteindre un seuil de 80% de personnes vaccinées d’ici la fin de l’année 2021. Pour renforcer les acquis sanitaires du Royaume et en marge de la levée progressive des mesures restrictives, les autorités sanitaires s’apprêtent à injecter une troisième dose de vaccin au personnel médical et aux personnes âgées, pour booster leur immunité contre le Covid-19. Les personnes présentant des comorbidités comme le diabète ou l’obésité sont également concernées.

Pour rappel, le comité scientifique a donné son approbation à cette troisième dose. Le ministère de la santé devrait, quant à lui, annoncer prochainement la date du début de la campagne.Les experts membres du comité scientifique et technique de lutte contre la Covid-19, sont unanime quant à l’amélioration de la situation sanitaire.

Azeddine Ibrahimi comme Moulay Mustapha Naji ou encore Tayeb Hamdi se disent tous pour une levée rapide des restrictions sanitaires. Plusieurs d’entre eux ne comprennent pas pourquoi les autorités publiques tardent à annoncer cette levée alors que la situation épidémiologique le permet amplement. Depuis plusieurs semaines, en effet, les cas positifs sont sur une tendance baissière allant jusqu’à enregistrer un peu plus de 1.500 cas, jeudi 23 septembre 2021.

Redoubler de vigilance
Une baisse considérable par rapport au mois de juillet et début août, où les cas positifs s’élevaient à plus de 10.000 cas par jour. Le Royaume a certainement dépassé la phase critique de cette crise épidémique et aborde désormais l’avenir avec plus ou moins d’optimisme. Mais ce qui inquiète encore les experts et les autorités sanitaires, c’est la probabilité d’apparition de nouveaux variants. «C’est le seul facteur de risque pour le moment. Si on arrive à le maitriser, cela conduirait à une maitrise de la situation sanitaire dans notre pays», explique Tayeb Hamdi, épidémiologiste.

Autre facteur de risque: le Maroc fait partie encore d’un monde où le virus continue encore de circuler à grande échelle. «Tant que le virus existe dans le monde entier, le Maroc sera contraint de redoubler de vigilance pour ne pas sombrer dans une nouvelle vague», estime Tayeb Hamdi. A l’heure actuelle, vu un tableau de bord au vert sur le plan sanitaire, les Marocains attendent avec impatience de nouvelles annonces. Non seulement pour respirer mais aussi pour retourner à la vie normale. Et surtout pour permettre aux travailleurs dans les activités économiques fermées de gagner dignement leur vie.