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Autorisation de l'IVG au Maroc : Un débat permanent

Le décès de l’adolescente Meriem (14 ans) après un viol suivi de grossesse dans la nuit du 6 au 7 septembre 2022 lors d’un avortement clandestin dans la commune de Boumia, à Midelt, suscite une vague d’indignations sur les réseaux sociaux et dans l’opinion en général. Le mouvement Horsla- loi a même organisé, mardi 20 septembre, une journée de deuil collectif sur la toile en la mémoire de la jeune défunte via le hashtag #Meriem. Avant ce drame, qui a fait resurgir le fameux débat sur l’autorisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) au Maroc, d’autres évènements qui se sont déroulés ces dernières années dans le Royaume avaient déjà remis au goût du jour cette polémique.

On peut citer par exemple l’affaire Hajar Raissouni. Cette journaliste au quotidien Akhbar al-Yaoum et nièce de d’Ahmed Raissouni, ex-président de l’Union internationale des oulémas, fut arrêtée le 31 août 2019 au sortir d’une consultation médicale à Rabat. Elle sera poursuivie pour «avortement illégal» et «relations sexuelles hors-mariage», ainsi que son fiancé, le médecin, l’anesthésiste, et l’assistante médicale. Cette arrestation a été vivement dénoncée par de nombreux Marocains, particulièrement sur les réseaux sociaux, qui la qualifiaient d’«atteinte aux libertés individuelles». Certains médias marocains avaient également exprimé leur solidarité à leur consoeur en fustigeant un «règlement de comptes politiques via usage des appareils de l’Etat», selon certains médias marocains.

Condamnée à un an de prison ferme par le tribunal de Rabat, elle sera finalement graciée le 16 octobre par le roi Mohammed VI. Quatre ans plus tôt, en 2015, c’est le professeur Chakib Chraibi, président de l’Association marocaine de lutte contre l’avortement clandestin (AMLAC), qui est au-devant de la scène. Ce gynécologue, grand défenseur de l’IVG, est démis de ses fonctions de chef du service de la Maternité des Orangers du CHU de Rabat par le ministère de la Santé, pour sa participation à un reportage sur le phénomène de l’avortement clandestin au Maroc de l’émission «Envoyé spécial», diffusée le 11 décembre 2014 sur la chaîne France 2. Des centaines de personnes lui avaient d’ailleurs témoigné leur soutien en adhérant à la page «Soutien au Pr. Chakib Chraibi» créée le 10 février 2015 sur Facebook.

Entre 600 et 800 avortements clandestins seraient pratiqués chaque jour au Maroc, selon l’Association marocaine de lutte contre l’avortement clandestin (AMLAC). Pour lutter contre ces pratiques dangereuses, le groupe des députés du PPS au parlement avait déposé, en juin 2022, une proposition de loi pour l’autorisation de l’IVG. Un texte qui, selon eux, vise à protéger la santé de la femme et limiter la prolifération des cas d’avortements clandestins. Pour le moment, la loi qui autorise l’avortement uniquement pour certains cas graves comme le risque de décès d’une mère lors de la grossesse, reste inchangée

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