OÙ EST PASSÉE L’AUTORISATION EXCEPTIONNELLE?

VIOLATION DE L’ÉTAT DE L’URGENCE SANITAIRE

À l’issue d’une vidéo montrant des habitants du quartier Takkadoum, à Rabat, en train de violer les mesures de l’état d’urgence en se faufillant sous les barrières qui entourent le quartier, les éléments de DGSN ont procédé à l’arrestation de 14 personnes, actuellement en garde-à-vue pour refus d’obtempérer aux mesures des autorités.

“Doit-on mourir de faim? Mes enfants ont besoin de manger”, peut-on entendre sur une vidéo qui a été filmée au quartier Takadoum, à Rabat, au moment où des habitants dudit quartier mis en quarantaine, ont décidé de violer les mesures prises par les autorités pour aller travailler. Femmes et hommes ont glissé sous les barrières entourant l’un des quartiers verrouillés par les autorités suite à l’apparition de plusieurs foyers. Ne trouvant plus quoi manger, certains parents ont décidé de violer leur mise en quarantaine pour tenter de subvenir aux besoins de leurs familles.

Soutenus par certains et critiqués par d’autres, ces 14 individus ont été arrêté au matin du mercredi 9 septembre 2020 par les éléments de la police pour avoir tenté de forcer les barrières et les points de contrôle mis en place dans le cadre des mesures de précaution prises pour enrayer la propagation du Covid-19. Actuellement en garde-à-vue, les individus sont à la disposition d’une enquête pour violation de l’état de l’urgence sanitaire.

Pourquoi les habitants sont-ils obligés de se couler sous les barrières pour aller travailler? Où est l’autorisation exceptionnelle leur permettant d’aller travailler? À vrai dire, ce papier délivré par les Mokadems devient un luxe. L’attestation de déplacement dérogatoire à faire signer par l’agent d’autorité du quartier afin de permettre aux citoyens d’effectuer les déplacements indispensables n’est pas accessible pour certaines personnes au travail instable, notamment, les travailleurs journaliers qui vivent au jour le jour.

Femmes de ménages, maçons, plombiers… ces personnes qui doivent se rendre au Moukkafs quotidiennement pour chercher du travail ne remplissent pas les conditions nécessaires pour obtenir l’attestation de déplacement dérogatoire.

D’ailleurs, dans le formulaire à fournir, la personne concernée se doit de remplir son adresse personnelle, ainsi que l’adresse de l’endroit où elle travaille pour justifier sa sortie, cette précision reste impossible pour ces travailleurs qui opèrent dans des domiciles et adresses différentes à chaque fois. Par absence d’exactitude permettant de retracer leurs parcours, plusieurs travailleurs journaliers se voient refuser cette autorisation.

Eveil de la population
Contraints de détourner la loi pour gagner leur pain, plusieurs personnes se font arrêter pour violation de l’état d’urgence sanitaire, ou sont verbalisés en payant la somme de 300 DH pour le même motif. À vrai dire, les habitants de certains quartiers ne bénéficient d’aucune clémence, traités comme des prisonniers, les citoyens se sentent de plus en plus écrasés par des mesures durcies voire imposées de façon aléatoire au niveau de certains quartiers.

Les barrages de police, de la gendarmerie, c’est bien! Mais à quoi bon encercler les quartiers, s’agit-il d’emprisonner les gens ou de les contrôler? Le coronavirus a besoin d’une approche qui se base sur l’éveil de la population, la répression génère la riposte, ces actions montrent plus que jamais que les Marocains ont aujourd’hui besoin de comprendre au lieu d’être punis.


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