Les attentats du 16 mai 2003, une date marquant la naissance de la stratégie marocaine de lutte contre le terrorisme

Le 16 mai 2003, 16 mai 2022. Il y a 19 ans, les attentats terroristes de Casablanca. Le bilan était lourd: 33 victimes et une centaine de blessés. Cinq attentats suicides terroristes ont été perpétrés ce jour-là par une dizaine de terroristes originaires du bidonville Sidi Moumen, membres de Salafia jihadiste. Ils ont visé un hôtel et un restaurant accueillant des clients étrangers, une pizzeria tenue par un Juif, le bâtiment social de l'Alliance israélite, le cimetière juif de la ville ainsi que le consulat de Belgique.

C’est dire qu’un terrorisme d’un genre nouveau est né et qu’il n’a ni religion ni frontières. Célébrer un anniversaire macabre, ce n’est pas de la joie. Mais cela sert à en tirer des enseignements.

Au Maroc, il n’y avait plus l’ombre du doute. La nébuleuse terroriste avait pris racine dans le pays. Du coup, l’approche sécuritaire a changé. Elle porte aujourd’hui ses fruits. Une approche intégrée, prenant en compte des aspects sociaux, religieux et économiques et qui place l’anticipation au cœur de ses actions. Si le Royaume est un modèle à suivre autant à l’échelle mondiale qu’au niveau continental dans ce domaine, ce n’est pas pour rien. Depuis les attentats terroristes de Casablanca du 16 mai 2003, le Royaume a mis en place une stratégie efficace, multidimensionnelle et holistique de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent.

Plus de 210 cellules terroristes ont pu être démantelées par le Maroc depuis 2002. La création du Bureau central des investigations judiciaires (BCIJ), en 2015, a amélioré la riposte marocaine. L’expertise et la perspicacité de collecte de renseignements des services de la DGST (Direction générale de la surveillance du territoire) et de suivi et d’intervention du BCIJ garantissent la sécurité et la stabilité du pays. Leur vigilance ne flanche jamais. Ils savent que la nébuleuse terroriste cible le Maroc de par sa position géopolitique assez singulière sur l’échiquier international. Il est situé aux frontières d’une zone où on assiste à un enracinement de foyers de terrorisme et de crime organisé qui s’établit dans une région très étendue aux frontières poreuses.

De plus, l’expertise marocaine est fortement sollicitée dans des opérations communes menées par le Maroc avec ses partenaires européens, et plus globalement mondiaux.

M.K