Tout faire pour s’attaquer aux causes profondes de la migration

Rabat et bruxelles revigorent leur engagement

La gouvernance migratoire humaniste, inclusive et solidaire a érigé le Maroc en un acteur stratégique et incontournable pour l’Europe.

Les fondements d’un partenariat rénové ont été posés, le vendredi 8 juillet 2022, à l’occasion de la rencontre à Rabat entre le ministre de l’intérieur, Abdelouafi Laftit, la Commissaire européenne chargée des affaires intérieures, Ylva Johansson, et le ministre espagnol de l’intérieur, Fernando Grande-Marlaska. Aujourd’hui plus qu’hier, Rabat et Bruxelles, conscients des nouveaux challenges du contexte international et des dangers que représentent les réseaux de passeurs et trafiquants d’êtres humains, ont décidé de revigorer leur partenariat migratoire basé sur la responsabilité partagée.

Cet engagement renouvelé intervient quelques jours après le dernier assaut violent, planifié et prémédité de migrants à Nador pour forcer le passage vers Mélilia, qui est venu rappeler l’émergence de nouveaux modes opératoires extrêmement violents adoptés par les réseaux criminels de passeurs, la complexité du phénomène de la migration illégale et l’impératif d’une alliance globale et multiforme entre Rabat, Madrid et Bruxelles. Ces évènements, qui ont mis à l’épreuve les dispositifs classiques de lutte contre le trafic de personnes, démontrent l’extrême dangerosité et violence des réseaux de trafic de personnes qui sont prêts à tous les risques. Le Maroc, qui a déploré cette tragédie humaine, n’a pas tardé à réaffirmer son engagement à continuer à agir avec fermeté et sans répit contre les réseaux de trafic et cette minorité violente qui dévoie la dimension noble de la migration.

Actions de co-développement
`L’action des autorités marocaines dans ce sens n’a jamais faibli. Et les chiffres sont là pour le rappeler: Plus de 145 assauts ont été repoussés autour des présides de Sebta et Mélilia depuis 2016 (50 en 2021 et 12 jusqu’à mai 2022), plus de 1.300 réseaux de trafic démantelés les 5 dernières années (256 en 2021 et 100 jusqu’à mai 2022) et plus de 360.000 tentatives d’émigration irrégulière ont été avortées depuis 2017 (63.000 en 2021 et 26.000 jusqu’à mai 2022).

Bruxelles, qui mesure l’effort colossal déployé par le Maroc, un «partenaire stratégique et engagé» de l’UE, s’engage ainsi à oeuvrer de concert avec le Royaume pour promouvoir un partenariat opérationnel en matière de lutte contre le trafic de personnes, lequel pourra couvrir notamment le soutien à la gestion des frontières, le renforcement de la coopération policière, y compris les enquêtes conjointes, la sensibilisation aux dangers de la migration irrégulière, ainsi que le renforcement de la coopération avec les agences de l’Union européenne chargées des affaires intérieures. Les deux partenaires pourront s’appuyer sur la Stratégie Nationale d’Immigration et d’Asile (SNIA), qui constitue aujourd’hui un modèle de gestion migratoire des plus avancés, tant sur le plan législatif qu’institutionnel, ayant permis de régulariser la situation administrative de plusieurs milliers de migrants et de les intégrer dans la société marocaine.

Le Maroc, qui continue à coopérer pleinement avec ses amis et frères africains à travers l’échange d’expertise et la formation croisées, n’a cessé à cet effet d’appeler les pays du Nord à privilégier un prisme équilibré dans leur approche de la question migratoire pour dépasser le tout-sécuritaire, en favorisant des solutions structurelles autour du développement durable des pays d’origine et de l’encouragement de la mobilité légale entre les deux rives.