Tests phase 3 Astrazeneca: le vaccin efficace à 79% contre les formes asymptomatiques

C’est ce qu’on appelle communiquer positivement en temps de crise. L’efficacité de leur sérum remise en cause par certains pays à cause d’éventuels effets indésirables, le laboratoire AstraZeneca et l’université d’Oxford répondent sur le terrain de la recherche, en dévoilant ce lundi 22 mars, les résultats des tests cliniques de phase 3 de leur vaccin. Ces essais réalisés aux Etats-Unis, au Chili et au Pérou auprès d’un échantillon de plus de 32.449 personnes, révèlent un taux d’efficacité très élevé du sérum.

«Les données montrent que le vaccin est efficace à 79% contre les formes asymptomatiques du Covid- 19, et à 100% contre les formes sévères ou critiques», indique l’université britannique sur son site. Le laboratoire suédois va même plus loin en précisant, dans un communiqué, que «l’efficacité du vaccin a été constante à travers les ethnicités et les âges», tout en soulignant que l’efficacité a été de 80% chez les participants de 65 ans ou plus.

Aucun risque accru de thrombose
Ces volontaires ont reçu soit deux doses de vaccin, soit un placebo sur un intervalle de quatre semaines. Environ 20% sont âgés de 65 ans ou plus, et 60% souffrent de comorbidités liées à des risques accrus de formes sévères de Covid-19, tels que le diabète, l’obésité sévère, ou des maladies cardiaques. «Des essais antérieurs d’un intervalle prolongé allant jusqu’à 12 semaines ont démontré une plus grande efficacité (…)

Ces preuves suggèrent que l’administration de la deuxième dose avec un intervalle de plus de quatre semaines pourrait encore augmenter l’efficacité et augmenter le nombre de personnes pouvant recevoir leur première dose», explique le laboratoire AstraZeneca, qui révèle en outre que les tests n’ont révélé «aucun risque accru de thrombose ou d’évènements caractérisés par une thrombose auprès des 21.583 participants ayant reçu au moins une dose du vaccin». Une précision de taille, dans un contexte de vives polémiques sur une éventuelle corrélation entre le sérum et ses effets indésirables.

Des pays scandinaves, comme la Norvège, ont maintenu leur suspension dans leur campagne de vaccination, en dépit du feuvert de l’Agence européenne du médicament (AME), qui avait levé toute équivoque sur un lien de causalité en indiquant que le vaccin est «sûr et efficace». Un avis que ne partage pas Sigurd Hortemo, médecin en chef du département d’information sur les médicaments de l’Agence norvégienne du médicament (NOMA).

«La Norvège estime qu’il y a des motifs raisonnables de supposer qu’il existe une relation de causalité, c’est pourquoi nous aurions aimé que cette description de la maladie soit incluse dans les effets secondaires possibles. Lorsque cela ne s’est pas produit, nous avons contesté le paquet global», a-t-il déclaré, le 19 mars, dans la presse locale.

La Finlande a aussi décidé le même jour de suspendre son utilisation «par précaution », après deux cas de thromboses cérébrales. Au Maroc en revanche, le comité scientifique ad hoc pour l’élaboration de la stratégie vaccinale a recommandé le maintien d’AstraZeneca, tout en préconisant un suivi des éventuels effets indésirables post-vaccinaux. Le laboratoire AstraZeneca indique qu’il soumettra ses résultats primaires pour publication dans une revue scientifique, et continuera parallèlement à analyser les données.