Asma Lamrabet s'explique enfin sur son départ de la Rabita mohammadia


Les raisons d’une démission


Prenant à partie «ceux qui voudraient l’accabler», Asma Lamrabet a tenu à souligner qu’elle n’a jamais eu d’autre ambition que de servir le Maroc et de promouvoir la voie d’un Islam «apaisé».

Elle avait, au départ, choisi de se murer dans le silence, tout en promettant de revenir «rapidement» dans les médias. Près d’une semaine après sa démission tonitruante de la Rabita mohammadia des oulémas, dont elle présidait le Centre d’études et de recherches féminines en islam (CERFI), l’islamologue Asma Lamrabet s’est fendue, lundi 26 mars 2018, d’un communiqué en dix points pour mettre au clair «les raisons» de sa décision.

Valeurs humanistes
Tout d’abord explique-t-elle, si elle ne s’était pas exprimée au départ, c’est parce qu’elle se trouvait à l’étranger pour un séminaire académique, et voulait donc éviter «toute instrumentalisation malveillante qui viendrait travestir patriotisme, valeurs et profondes convictions». Sa démission? Elle a effectivement pour raison ses déclarations lors de la présentation, le 16 mars à Rabat, de l’ouvrage collectif L’héritage des femmes, où elle avait déclaré que l’égalité des hommes et des femmes en héritage était une des finalités de l’Islam.

«Mes propos, exprimés à titre strictement personnel et rapportés par un organe de presse ont suscité un tollé et une grande polémique lors de la 20ème session du conseil académique de la Rabita. Devant une telle pression, j’ai été contrainte à présenter ma démission en raison des divergences portant sur l’approche de l’égalité femmes hommes au sein du référentiel religieux », révèle-t-elle. Prenant à partie «ceux qui voudraient l’accabler», Mme Lamrabet a tenu à souligner qu’elle n’a jamais eu d’autre ambition que de servir le Maroc et de promouvoir la voie d’un Islam «apaisé, contextualisé et en phase avec les valeurs humanistes universelles » ainsi que les valeurs prônées par le roi Mohammed VI pour la préservation des constantes du Royaume, pour la défense des droits légitimes des femmes et la marche irréversible du pays vers la modernité.

Prendre ses responsabilités
«L’Islam comme référentiel incontournable et tel que clairement stipulé dans notre Constitution, ne saurait être pour nous marocains, femmes et hommes, ni une barrière ni un obstacle pour l’émancipation dans la justice et l’égalité en droits», plaide-t-elle.

Remerciant celles et ceux qui l’ont soutenue après sa démission, l’islamologue promet de poursuivre son engagement pour une lecture «progressiste, réformiste et dépolitisée» de la question de la femme dans l’Islam, et souligne qu’elle n’a fait que prendre ses responsabilités. «Comme je l’ai dit dans mon post: une étape est terminée», indique Mme Lamrabet

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