Arrestation du leader islamiste tunisien, Rashed Ghannouchi : L’acte irréfléchi de Kais Saïd


Malgré les appels et les mises en garde de la communauté internationale, le président tunisien, Kais Saïd, poursuit les arrestations arbitraires contre les symboles du système politique tunisien. La dernière en date vient de toucher le président du mouvement islamiste, «Ennahda» et ancien président du parlement, Rashed Ghannouchi. Il a été arrêté, le lundi 17 avril 2023, par une brigade de sécurité suite à un mandat d’arrêt émis à son encontre par le ministère public près le pôle judiciaire antiterroriste. Le moins que l’on puisse dire est que cette arrestation a choqué le monde politique international.

Agé de 81 ans, Ghannouchi a été conduit pour interrogatoire vers la caserne d’El Aouina à Tunis où siège le pôle judiciaire antiterroriste. Sa déclaration en date du 15 avril 2023 soir lors d’une cérémonie marquée par la présence de membres du Front du Salut (opposition), a été l’accélérateur de cette arrestation, au demeurant prévisible. En effet, le leader du mouvement islamiste a, lors de cette soirée, lancé des piques virulentes au pouvoir, soutenant que «toute tentative d’éliminer une des composantes politiques ne peut mener qu’à la guerre civile», ajoutant notamment qu’“il est inconcevable d’imaginer la société tunisienne sans Ennahdha, sans Islam politique et sans gauche…”. M. Ghannouchi a aussi affirmé que les personnes emprisonnées représentent les vrais démocrates qui mènent une lutte de libération nationale.


Pour le vice-président d’Ennahdha, Mondher Lounissi, M. Ghannouchi avait été emmené dans une caserne de police pour un interrogatoire et que ses avocats n’avaient pas été autorisés à y assister. Outre les responsables d’Ennahda, les réactions de condamnation, au sein de la classe politique tunisienne, sont nombreuses. L’ancien président tunisien, Moncef Marzouki, n’y est pas allé de mains mortes accusant l’actuel régime d’intimider l’opposition.

« Ce n’est pas de cette façon qu’on traite ces personnalités. Traitez-le comme l’exige son âge et son prestige», a-t-il dit. Pour Marzouki, l’actuel régime est en train de pousser vers la violence et vers la déstabilisation du pays. A rappeler que depuis février 2023, le pouvoir a multiplié les arrestations et les interrogatoires des adversaires de son projet. Plus de vingt opposants et des personnalités, parmi lesquelles des ex-ministres, des hommes d’affaires, des syndicalistes et journalistes croupissent dans les prisons pour «complot contre la sécurité intérieure du pays».

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