Armement: Des sanctions US contre l’Algérie?

Faisant partie depuis plusieurs années déjà des premiers clients de l’industrie de l’armement russe, la voisine de l’Est se trouve de plus en plus dans l’oeil de mire des institutions américaines. En effet, Alger pourrait bientôt se voir passer sous le coup du Countering America's Adversaries Through Sanctions Act, qui cible les régimes entretenant des relations notamment commerciales fortes avec les adversaires des États-Unis, à un moment où l’administration Joe Biden vient d’être saisie à son propos par le Congrès. Le célèbre sénateur de Floride, Marco Rubio, vient ainsi d’adresser un courrier à charge au secrétaire d’État de l’oncle Sam, Tony Blinken, appelant à mettre en œuvre ledit texte à l’encontre de l’Algérie.

“La Russie est le premier fournisseur militaire de l'Algérie. L'Algérie fait également partie des quatre premiers acheteurs d'armes russes dans le monde entier, culminant avec un accord d'armement de 7 milliards de dollars en 2021,” souligne l’homme politique. Selon différentes sources, l’Algérie pourrait pâtir du départ annoncé à la retraite du sénateur de l’Oklahoma, Jim Inhofe, qui préside le comité des services armés au sein du sénat et lui est surtout proche, dans la mesure où il faut rappeler qu’il a été pendant plus d’un an le principal obstacle à la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté du Maroc sur son Sahara (finalement actée en décembre 2020 dans le cadre des accords d’Abraham). Ce départ doit, à cet égard, intervenir à la fin de l’exercice 2022 et ferait que le régime algérien aurait le plus grand mal à prévenir le fait que les autorités américaines lui fassent payer sa proximité avec Moscou.

En 2018, il avait d’ailleurs dû négocier avec les représentants de l’administration Trump après avoir passé commande des fameux avions de chasse russes Sukhoï (la presse algérienne avait alors même évoqué la possibilité d’une saisie en représailles des dépôts d’or algérien outre-Atlantique). Pour ainsi dire, l’horloge tourne, et cela semble bien loin d’être à l’avantage des locataires d’El Mouradia.