Les armées en action pour parer aux menaces transnationales et extrémistes

"African lion 2022", le plus large exercice militaire en afrique, piloté par le maroc et les etats-unis

A la base de commandement de la zone Sud Agadir mais aussi aux bases de Benguérir, de Kénitra, de Mahbès, de Taroudant et de Cap Draa à Tantan, des exercices navals, aériens et terrestres, visant à parer à des attaques chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires, se sont déroulés selon des scénarios réels.

C’est un événement de grande envergure qui a fait l’actualité de la presse internationale au vu du contexte géopolitique actuel, marqué par la guerre en Ukraine et une tension régionale avec l’Algérie voisine. C’est aussi, incontestablement, le plus grand et le plus important exercice militaire des forces armées américaines en Afrique. La 18ème édition de l’exercice militaire combiné maroco-américain «African Lion 2022», lancée lundi 20 juin 2022 depuis la base de commandement de l’état-major de la Zone Sud à Agadir, s’est étalée au 30 du mois, en grande partie au Maroc mais aussi en Tunisie, au Sénégal et au Ghana.

Sous la supervision du général de corps d’armée Belkhir El Farouk, inspecteur général des Forces armées royales (FAR) et commandant de la zone sud, et du général américain Andrew M. Rohling, commandant général adjoint pour l’Afrique (Africom), des manoeuvres et des simulations réelles ont été menées par plus de 7500 soldats de neuf pays (Maroc, États-Unis, Brésil, Tchad, Ghana, Sénégal, Tunisie, Royaume-Uni, Italie) en sus de l’Otan, sous le regard attentif de 28 observateurs militaires d’Israël, de l’Union africaine mais aussi de l’Allemagne, d’Azerbaïdjan, du Bénin, de Côte d’Ivoire, de Djibouti, de France, du Gabon, du Liberia, de Libye, du Niger, du Pakistan, de Pologne, du Togo et du Qatar.

Ce qui fait l’exception de l’exercice de cette année, d’après le Général Belkhir El Farouk (FAR), c’est qu’il s’inscrit dans un contexte géopolitique particulier marqué par la dégradation sécuritaire dans le monde, l’apparition de nouveaux théâtres d’engagements, et des guerres de haute intensité. Il visait à renforcer les capacités communes de défense pour contrer les menaces transnationales et les organisations extrémistes violentes.

A la base de commandement de la zone Sud Agadir, aux bases de Benguérir, de Kénitra, de Mahbès (à 80 kilomètres de Tindouf), de Taroudant et de Cap Draa à Tantan, des exercices de tirs réels navals, aériens et terrestres, visant à parer à des attaques chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires, se sont déroulés selon un scénario qui s’inspire de différentes opérations militaires menées dans différents coins du monde mais aussi de la guerre en Ukraine. Il y avait des actions offensives, défensives, de sécurisation, d’assistance humanitaire, de débarquement et d’opérations aéroportées maritimes, aériennes, de forces spéciales de destruction d’engins explosifs, ainsi que des actions civilo-militaires.

Artillerie lourde
Des soldats de la Garde nationale de l’armée de l’Idaho (Nord-Ouest des Etats-Unis) du 1er bataillon du 148e régiment d’artillerie de campagne et leurs homologues de Californie, de l’Oregon, du Texas, de l’Utah et du Wisconsin ont beaucoup appris avec les soldats marocains. «Bien que notre objectif soit de nous diriger vers l’avenir, il est tout aussi bénéfique d’apprendre des Marocains sur leur obusier M109A5 et sur la façon dont ils l’utilisent. Nous nous appuyons sur la technologie, mais il est essentiel d’apprendre des Marocains lorsqu’il s’agit d’opérations manuelles. Il y a un moment et un lieu pour les deux opérations, et il est bénéfique de comprendre chacune d’elles», a déclaré le major Ryan Batt, officier américain des opérations.

Mardi 28 juin, les observateurs militaires ont assisté au Cap Draa (au nord de Tantan), à des manoeuvres suivies par le général Belkhir El Farouk. Celles aériennes comprenaient l’exécution de plusieurs missions par les FAR et l’US Air Force, par le truchement des avions marocains F16, des bombardiers américains B1 et des hélicoptères américains AH 64 Apache. Quant aux manoeuvres au sol, elles comprenaient le tir d’obus d’artillerie lourde, le lancement de missiles sol-sol à longue portée et le lancement de missiles à partir de véhicules blindés maroco-américains Abrams, ainsi que des manoeuvres d’infanterie utilisant des véhicules blindés lourds transportant des soldats.

African Lion 2022 avait aussi une facette sociale dite civilo-militaire. Pendant deux semaines, l’hôpital médico-chirurgical de campagne à Taliouine s’est employé à accueillir les habitants de la région qui bénéficiaient des prestations médicales à titre gracieux. Mieux encore, les services d’assistance sociale des Forces armées royales et ceux de l’Armée américaine ont mis en place un Service d’activités sociales au sein de l’hôpital afin de divertir les patients.

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