L'armée algérienne tente de mobiliser les algériens contre le Maroc

Dernier numéro de la revue El Djeïch de l'armée algérienne

Chef d’État-major de l’armée algérienne, le général Chengriha cherche désormais, dans un geste désespéré, à détourner la mobilisation du peuple algérien contre le pouvoir inamovible en place qu’il incarne et à l’orienter vers l’ennemi fictif de toujours, le Maroc.

Le chef de l’état-major de l’armée algérienne, Saïd Chengriha, qui incarne le centre de prise de décisions en Algérie et un régime autoritaire, change de tactique dans sa stratégie de propagande anti-marocaine. Après les menaces et les déclarations d’intention de guerre, il cherche désormais, dans un geste désespéré, à détourner la mobilisation du peuple algérien contre le pouvoir inamovible en place qu’il pilote et à l’orienter vers l’ennemi fictif de toujours, le Maroc.

Les Algériens «patriotes et défenseurs de leur pays» sont appelés à se mobiliser pour faire échec aux «manoeuvres non voilées» du Maroc et aux menaces liées à l’environnement régional en relation avec le déploiement des groupes terroristes et du crime organisé, souligne la revue El Djeïch dans son dernier numéro de janvier 2022. «L’environnement régional de notre pays est confronté à une multiplication de menaces et dangers en relation avec le déploiement des groupes terroristes et du crime organisé, corrélativement, l’accentuation de la mise en oeuvre d’agendas étrangers et de la présence militaire auxquels s’ajoute la concrétisation par la servitude stratégique marocaine du projet sioniste», note l’édito d’El Djeïch.

Faiblesse du régime
La même source mentionne que cette situation «a eu pour effet d’aggraver les tensions régionales et de rendre encore plus complexes les problématiques sécuritaires au Sahel et en Libye, ainsi que la reprise par le Front Polisario de l’action armée».

Au regard de ces conditions «exceptionnelles» et de ce contexte régional en crise, l’État algérien «renforce son immunité nationale, sa solidité et sa stabilité à travers la restructuration de l’architecture du régime politique, suivant une approche constitutionnelle reposant sur les droits et les libertés, la logique de la démocratie participative, ainsi que la moralisation de la vie publique, dans le but de rehausser la qualité de service des institutions de l’État algérien, comme l’a maintes fois affirmé le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, lors de ses rencontres avec les représentants de la presse nationale et ses réunions avec les membres du gouvernement».

Le général Saïd Chengriha et ses pairs à l’institution militaire ont épuisé toutes les manigances possibles et imaginables pour faire oublier la contestation populaire en interne, notamment aux yeux de l’Union européenne, qui critique de manière acerbe et directe le régime algérien depuis plus de deux ans, soit depuis la naissance du mouvement Hirak.

Non seulement ils perdent le nord, les locataires du palais d’El Mouradia n’arrivent plus, même en usant de la forme de répression la plus atroce et d’arrestations et procès arbitraires, à faire fléchir ce mouvement populaire qui dénonce l’illégitimité du pouvoir et la dilapidation des recettes des ressources naturelles du pays par une poignée de chefs militaires et de leurs affidés dans l’administration publique.

D’ailleurs, des passages dans l’édito de la revue de l’armée algérienne trahissent la faiblesse du régime et son incapacité à prévenir une révolution populaire imminente. «L’État algérien renforce son immunité nationale, sa solidité et sa stabilité », lit-on dans l’éditorial de la clique Chengriha. Un écrit qui met ses rédacteurs en porteà- faux vis-à-vis d’un peuple désabusé et lassé d’entendre des discours vains sans lendemain au moment où la crise économique et sociale en Algérie est à son paroxysme.