Applications de service de transport en ligne au Maroc : le ministre du transport ouvert à leur régularisation


C'est une main tendue explicite à destination des nouvelles applications de service de transport en ligne installés au Maroc. Au cœur d'un imbroglio avec les taxis traditionnels qui les accusent de concurrence déloyale, provoquant grèves, échauffourées et parfois des agressions visant les conducteurs VTC, le sujet préoccupe aujourd'hui sérieusement les autorités marocaines, pour des raisons de sécurité mais aussi du fait du nombre croissant des applications de transport en ligne ainsi que le nombre important des employés de ses nouvelles technologies de mobilité.

En marge de la séance des questions orales à la Chambre des représentants, lundi 25 décembre 2023, le ministre du transport et de la logistique, Mohamed Abdeljalil, a assuré, au média Le360.ma, que "nous sommes aujourd'hui prêts à étudier toutes les propositions" des acteurs de service de transports en ligne.

" Evidemment cela se fera en étroite collaboration avec les services du ministère de l'intérieur qui supervisent le transport dans les villes, pour trouver le moyen adéquat au Maroc pour l'utilisation de ses applications, par respect aux professionnels qui exercent dans ce secteur, en particulier les taxis, pour que ces nouvelles technologies ne conduisent pas à une concurrence déloyale et pour trouver un terrain d'entente entre les professionnels du secteur, qu'ils soient des taxis ou des VTC"

M. Abdeljalil a tenu à rappeler qu' au Maroc, "les applications de VTC fonctionnent sans autorisations" et qu'ils "opèrent en dehors de tout cadre légal". Le ministre a promis "qu'une étude globale sera lancée l'année prochaine (2024) afin de repenser la mobilité dans les quatre coins du royaume, avec une vision intégrée à l'intérieur et à l'extérieur des villes".

Contacté par Maroc Hebdo, Samir Farabi, président du syndicat démocratique des transports, qui défend les conducteurs de VTC, estime qu'il « est aberrant que l’on n’autorise toujours pas au Maroc cette activité, alors qu’elle emploi entre 10.000 et 12.0000 personnes à travers le royaume, là ou des pays africains ont réussi à le faire. »

Le syndicaliste précise "qu’il existe des lobbys puissants dans la galaxie des taxis, qui œuvrent dans l’ombre afin de maintenir une situation de rente qu’il leur est favorable". « Parfois, vous avez des individus qui possèdent jusqu’à 200 agréments et qui peuvent générer jusqu’à 200.000 Dh par jour, parfois davantage. Leur profit est beaucoup plus prioritaire que les emplois et les rentrées fiscales dont peut bénéficier l’Etat en légalisant l’activité des conducteurs de VTC », a affirmé M. Farabi.

Articles similaires