Une application de la DGSN pour surveiller les mouvements des citoyens

VIE PRIVÉE, VIE PUBLIQUE?

Beaucoup de citoyens considèrent la nouvelle application de la police comme intrusive. Mais la CNDP rassure.

Dans la lignée du large mouvement de digitalisation lancé depuis le début de l’état d’urgence sanitaire au Maroc, la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) se met également à la page. Et à travers son application de surveillance des mouvements des véhicules au niveau de Rabat, Salé et Témara, en attendant sans doute les autres villes du Royaume, la direction de la police se veut surtout plus efficace dans son travail visant à faire respecter les mesures de confinement découlant dudit état d’urgence. C’est ce qui ressort en tout cas des déclarations de ses responsables aux médias, visiblement soucieux de présenter sous un jour bon l’application développée par les techniciens et ingénieurs de sa direction des systèmes d’information et de communication, alors que les inquiétudes des citoyens à son égard ne manquent pas. En effet, beaucoup parmi ces derniers considèrent l’application comme intrusive et se demandent si les données recueillies ne seront pas utilisées à mauvais escient.

Une pratique conforme
Dans ce sens, il y a lieu de signaler le débat analogue ayant cours au sujet de l’application commandée par le ministère de l’Intérieur, via l’Agence de développement du digital (ADD), le 9 avril et qui vise à tracer les contaminations au Covid-19 en recourant soit à la technologie du bluetooth, soit au GPS (le choix doit encore être tranché d’ici sa mise en ligne officielle, prévue d’ici la fin du mois d’avril). La Commission nationale de contrôle de protection des données à caractère personnel (CNDP), qui s’était justement autosaisie le 16 avril pour se prononcer sur l’application de traçage à travers une série de recommandations émises à l’adresse du Chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, a attesté dans un communiqué publié ce 22 avril «de la conformité à la loi 09-08 (relative à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel, ndlr), du traitement supporté par l’application de la DGSN». Dans le détail, l’expertise de l’institution présidée par Omar Seghrouchni a conclu à la minimalité des données collectées au regard de la mission d’intérêt public qui sous-tend la mise en place de l’application. Et qui plus est, ces données ne sont pas, poursuit- elle, enregistrées sur les mobiles des agents de police et il est, en tout cas, , ce qui veut dire qu’elles ne sauront être plus tard mises à contribution dans un sens autre que leur but originel. Cela suffira-t-il à rassurer les citoyens? Réponse dans quelques semaines, lorsque l'application sera étendue à tout le pays...

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