Lutte antiterroriste: Les services marocains multiplient encore les prouesses

Au cours d’une opération conjointe, la DGED et la DGST ont permis à la Grèce de mettre la main sur un dangereux terroriste s’étant réfugié, sous une fausse identité, dans le pays sud-européen. Mais ce n’est, pour ainsi dire, pas la première fois que les deux directions s’illustrent.

Visés par dix-sept médias internationaux qui les accusent de se servir du logiciel israélien Pegasus pour accéder à quelque 10.000 téléphones, y compris celui du roi Mohammed VI lui-même, les services marocains n’en restent pas moins à pied d’oeuvre pour lutter contre le terrorisme et aider à la préservation de la paix et de la stabilité régionales. Ce 28 juillet 2021, le Maroc vient ainsi d’annoncer l’arrestation en Grèce d’un ressortissant marocain âgé de 28 ans s’étant notamment signalé sur la scène syrienne comme responsable au sein des brigades opérationnelles de l’organisation terroriste de Daech.

Répondant au nom de guerre d’Abou Mohamed El Fateh, l’individu en question a ainsi, selon un communiqué relayé par l’agence Maghreb arabe presse (MAP), notamment été membre, dans la région de Deir ez-Zor, des brigades spéciales de Daech, avant de se voir désigner au sein de la “hisba”, la police religieuse, dans le gouvernorat de Racca.

Et la MAP de préciser qu’Abou Mohamed El Fateh était entre autres apparu dans une vidéo où on le voyait, tout en appelant à combattre ceux qu’il taxait d’“ennemis de la religion”, mutiler le cadavre d’un combattant syrien. Le concerné est, pour ainsi dire, un homme dangereux et faisait d’ailleurs depuis qu’il avait rejoint, en 2014, les rangs de Daech d’un mandat d’arrêt lancé au niveau d’Interpol par le Maroc.

Un champion international
Toujours selon la MAP, il s’était trouvé en Grèce après avoir fui, en usant de faux documents, la Syrie, mais grâce à la diligence de la Direction générale d’études et de documentation (DGED) et de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), qui ont toutes deux collaboré à l’opération, ainsi que de la participation des services de la Grèce, donc, mais aussi ceux de l’Italie, de l’Angleterre et des États-Unis, Abou Mohamed El Fateh est désormais hors d’état de nuire et doit incessamment être extradé vers le Maroc.

“Cette opération sécuritaire réussie (...) reflète l’importance de la coopération sécuritaire internationale en matière de lutte contre les dangers terroristes et de la poursuite des membres des organisations terroristes pour les priver de tout refuge ou base arrière,” a, à cet égard, commenté la MAP. Les suiveurs savent, pour leur part, que ce n’est pas là la première fois que services marocains et occidentaux s’entendent sur des opérations d’ordre anti-terroriste, la DGST ayant par exemple, rien que cette année, reçu les remerciements des États- Unis et de la France pour avoir aidé les premiers à mettre la main, fin janvier, sur un soldat de leur armée justement en contact avec des membres de Daech au Moyen-Orient, et la deuxième à déjouer une attaque qui allait viser une église du département de l’Hérault, dans le Sud de l’Hexagone. Ce qui n’est pas sans valoir, et ce sans doute à juste titre, au Maroc le titre de champion international de la lutte antiterroriste, lui qui par ailleurs a rejoint depuis avril 2016 le Forum mondial de lutte contre le terrorisme (GCTF), lancé cinq ans plus tôt par le président américain Barack Obama.

Des yeux et des oreilles partout
Le Maroc peut ainsi compter sur un appareil de renseignement efficace qui lui donne des yeux et des oreilles presque partout, notamment dans la région arabe, où l’on sait sur la base de différentes fuites qu’il est par exemple directement présent en Syrie et au Yémen, mais surtout dans le corridor saharo-sahélien, dont il est connu que Daech veut faire son nouveau QG suite aux multiples débandades qu’elle a, ces dernières années, essuyées dans ses fiefs traditionnels de l’Iraq et du Levant.

Le directeur général de la DGED, Mohamed Yassine Mansouri, avait à cet égard été on ne peut plus disert au cours d’une intervention qu’il avait donnée fin septembre 2014 au Comité contre le terrorisme (CTC) de l’Organisation des Nations unies (ONU), intervention au cours de laquelle il avait notamment révélé que c’est au Maroc que l’on doit le démantèlement d’organisations de l’acabit de Fath Al-Andalous, d’Al-Mourabitoune Al-Joudoud et d’Amgala, et que le Royaume avait même prévenu l’Algérie de l’imminence de l’attaque qui avait finalement ciblé, en janvier 2013, le site gazier d’In-Amenas, où plusieurs dizaines d’innocents ont rendu l’âme au cours des échanges de tirs entre l’armée algérienne et l’organisation des Signataires par le sang du célèbre terroriste Mokhtar Belmokhtar.

Veille constante
Mais bien évidemment, c’est d’abord et avant tout le Maroc lui-même qui est le principal bénéficiaire de l’action de ses services, étant donné que depuis les attaques dont avaient fait l’objet en septembre 2001 les États-Unis, ce sont quelque 200 cellules que les autorités ont réussi à démanteler au niveau national. Deux fois seulement des attaques ont abouti: le 16 mai 2003 dans la ville de Casablanca, où trente-trois victimes innocentes sont tombées, et le 28 avril 2011 au café Argana de la ville de Marrakech, dont l’attentat à la bombe a fait dix-sept morts.

Mais le Maroc vient donc de passer dix ans sans que le moindre forfait terroriste soit perpétré sur son territoire, ce qui fait que le directeur général de la DGST et, depuis mai 2015, de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), Abdellatif Hammouchi, méritait bien le Wissam al-Arch du rang d’officier que lui a attribué fin juillet 2011, à l’occasion de la fête du Trône, le Roi Mohammed VI. Les futures célébrations nationales lui vaudraient sans doute bien ainsi qu’à M. Mansouri de nouvelles décorations royales.

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