Anthony Bellanger : "De prison à ciel ouvert, Gaza est passée à une fosse commune"


A combien s’élève le nombre de journalistes tués à Gaza?
Anthony Bellanger : Malheureusement, le nombre de morts à Gaza évolue d’heure en heure et à l’heure où je vous parle, (le mercredi 8 novembre 2023 dans la matinée, ndlr), on dénombre 36 morts depuis le 7 octobre depuis le début de ce conflit à Gaza. En tant que seule fédération mondiale de syndicats de journalistes, accréditée par l’Organisation des Nations unies (ONU), vous pouvez retrouver sur notre site les détails de tous les cas que nous avons documentés: https://www.ifj.org/fr.

Avez-vous une idée sur la nationalité des journalistes tués? Sont-ils tous Palestiniens?
Anthony Bellanger : Concernant la nationalité des journalistes qui ont été tués Gaza depuis le 7 octobre 2023, selon les informations que j’ai en ma possession, ce ne sont que des journalistes palestiniens car, comme vous le savez, Gaza est une prison à ciel ouvert, c’est-à-dire que personne ne peut y rentrer et personne ne peut en sortir. Après avoir été une prison à ciel ouvert, la bande de Gaza est devenue une fosse commune, puisqu’on déplore non seulement 36 journalistes tués, mais aussi des milliers de civils, dont une majorité de femmes et d’enfants.


Que peut faire la FIJ pour plus de sécurité des journalistes?
Anthony Bellanger : Avec notre syndicat sur place, le Syndicat des journalistes palestiniens (PJS), on a dès le départ distribué des kits médicaux et aussi des chargeurs pour les appareils mobiles de nos consoeurs et confrères à Gaza. Je suis aussi en discussion avec l’ONU et en particulier avec l’Unesco, l’agence de l’ONU qui a la charge des de la protection et de la sécurité des journalistes, pour qu’une aide concrète soit mise en place. Parmi les demandes que nous avons formulées, il y a bien entendu des demandes de matériel des gilets pare-balles, des casques estampillés «presse», mais aussi des kits médicaux et des chargeurs.

Par ailleurs, on est en train de discuter avec l’ONU pour que des journalistes étrangers, qui attendent notamment à Rafah, puissent entrer par le corridor humanitaire. Enfin, je suis en train de discuter avec l’ONU pour qu’on installe une “Safe House” pour les journalistes à Khan Younès, qui permettra à ceux qui peuvent continuer à remplir leur mission d’informer de travailler en toute sécurité. Mais pour le moment, c’est impossible puisque les bombardements rendent impossible l’installation d’une telle maison sécurisée

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