Annexion d'El Arja par Alger: la machinerie médiatique est lâchée

Les lecteurs d’une certaine presse algérienne doivent, malheureusement, subir nombre d’insanités ces jours-ci, la concernée n’arrivant pas encore à trouver de récit crédible pour légitimer son OPA sur une partie du territoire marocain.

Que les médias algériens se mettent d’accord. Estce que leur pays vient de faire passer sous sa coupe la palmeraie d’El Arja pour se protéger d’avancées marocaines sur son territoire ou parce que le Maroc fait déverser sur lui son cannabis? Parce qu’à les lire, on est perdu. D’un côté, il y a par exemple le quotidien El Khabar qui, le 15 mars 2021, affirmait que l’armée de la voisine de l’Est se serait déployée à El Arja après avoir constaté que des agriculteurs de la province de Figuig, dont dépend normalement la palmeraie, auraient essayé d’agrandir leurs exploitations et ainsi adjoindre des terres reconnues comme algériennes par la convention du 15 juin 1972 relative au tracé des frontières bilatérales.

Tout aurait, selon le journal, commencé le 20 février 2021, lorsque des explosions auraient été entendues au niveau de la wilaya de Béchar, lesquelles après investigation se seraient avérées être dues à des mines déclenchées suite donc aux soi-disant tentatives d’incursion des agriculteurs. Ce qui, sachant que l’armée algérienne se trouve depuis le 18 février 2021 à El Arja, nous permet de conclure que son état-major est doté du pouvoir de divination car deux jours plus tôt il avait déjà anticipé, mais en même temps que tout le matériel que l’Algérie achète depuis des décennies et qui fait d’elle la première acheteuse d’armement d’Afrique ne lui sert donc à rien, n’ayant pas permis de repérer immédiatement une explosion qui aurait pu être une attaque de l’“ennemi” marocain -qui, comme chacun sait, n’a que cela à faire. Mais il y a aussi plus: la drogue made in Maroc bien sûr, qui transborderait depuis les années 1990 par El Arja -et arriverait donc à passer outre les champs de mines, si on suit toujours- avant de voyager jusqu’au marché égyptien par le biais de la Libye.

Le quotidien El Watan, dans sa livraison du 17 mars 2021, nous en dit plus à ce propos et explique en citant un haut gradé que c’est l’adoption par le gouvernement Saâd Eddine El Othmani du projet de loi portant usage légal du cannabis qui aurait décidé Alger à agir. “L’Algérie a le droit de sécuriser sa frontière avec un pays connu par les organismes onusiens comme étant le premier producteur de cannabis. Les quantités de haschich que le Maroc déverse sur notre territoire ne cessent de se multiplier. Ces dernières années, le royaume a introduit des variétés hybrides de cette drogue aussi dangereuse et peut-être même plus que les drogues dures.

Pour n’importe quel Etat, il s’agit là d’un acte de guerre auquel il faut faire face,” rapporte-t-il. Mais quel est donc cette boule de cristal dont use le pouvoir algérien et qui lui a permis dès la mi-février 2021 de savoir que le Maroc cherchait à faire passer ledit projet, alors que ce n’est que le 23 février 2021 que l’Exécutif a programmé sa discussion? À moins que ce ne soit vraiment le cannabis, qui plutôt que d’aller jusqu’en Égypte semble s’arrêter aussi près que certaines rédactions d’outre- El Arja...