L'année 2022 sera celle des saisies et des fermetures d’hôtels

Le tourisme perd plus de 82 milliards de dirhams en deux ans

Si l’Office des changes estime les pertes subies par ce secteur à 82 milliards de dirhams en deux ans (2020 et 2021), les opérateurs touristiques pensent que l’année 2022 sera l’année de la mort totale pour la filière, si les frontières ne sont pas rapidement rouvertes.

La descente aux enfers du secteur touristique ne fait que commencer. En prévision d’une nouvelle vague des contaminations au covid-19, avec son nouveau variant Omicron, qui est en train de dominer les cas positifs, le tourisme national va tout droit vers la mort. Un sort plus que catastrophique pour un secteur qui emploie plus d’un demi million de Marocains et fait vivre des millions de citoyens.

L’Office des changes vient ainsi confirmer par les chiffres la situation lamentable de ce secteur. Les pertes subies sont en effet évaluées à plus de 82 milliards de dirhams en deux ans (2020 et 2021). Des pertes qui sont certainement appelées à atteindre des niveaux astronomiques en 2022. Pour Hamid Bentahar, président de la confédération nationale du tourisme, «Le secteur est aujourd’hui totalement ruiné.

Et le gouvernement marocain ne fait rien pour le sauver. Il faut savoir que plus de 80% des pays ont maintenu leurs frontières ouvertes malgré la propagation du virus en imposant aux visiteurs la présentation de certificats de double ou triple vaccination». «Or, en maintenant fermées ses frontières, le Maroc ne fait que reporter de plusieurs années la reprise de notre activité», ajoute-t-il. Pour plusieurs opérateurs touristiques, l’année 2022 sera, sans aucun doute, celle des saisies et des fermetures d’hôtels.

Si rien n’est fait, entre 80 et 90% des établissements touristiques (hôtels, restaurants, agences de voyages) devront mettre la clé sous le paillasson. Quant aux opérateurs internationaux, d’aucuns estiment qu’ils sont tentés de quitter le Royaume pour s’installer dans d’autres destinations qui leur font perdre moins d’argent sur les investissements.

Recoller les morceaux
Beaucoup d’hôteliers ont dû vendre leurs biens personnels ou hypothéquer leurs maisons pour pouvoir payer une partie des salaires de leurs employés. Mais la vague de licenciements que connaît ce secteur est effroyable: plus de 200.000 salariés ont été renvoyés, souvent sans indemnités. Une hémorragie sociale grave à laquelle le gouvernement assiste sans lever le moindre doigt, à l’exception de cette misérable indemnité de 2.000 dirhams qu’il propose mais qui profite à une faible minorité de salariés déclarés.

Les opérateurs touristiques pointent du doigt le gouvernement actuel, principalement la ministre du tourisme et de l’artisanat, Fatim- Zahra Ammor, qui, visiblement, n’a pas encore pris la mesure de ses responsabilités concernant un secteur où l’on compte actuellement les morts. Critiquée de toutes parts, la nouvelle ministre a tenté d’apaiser la colère des opérateurs en leur proposant quelques recommandations insuffisantes mais les drames du tourisme résident en grande partie dans la fermeture des frontières, une restriction qui devrait être rapidement levée pour recoller les morceaux.