Anis Mahfoud, un jeune "ancien" à la tête du Raja

L'ex-secrétaire général du club casablancais a surclassé ses deux concurrents

Cible des critiques d’une large partie du public rajaoui, notamment les plus jeunes, qui lui reprochent de faire partie de l’ancienne garde, et par conséquent du “problème”, M. Mahfoud a su trouver la formule gagnante pour battre ses adversaires.

À l’issue d’une AGO tant attendue et reportée à maintes reprises en raison de la situation sanitaire, le Raja de Casablanca connaît enfin son nouveau président. Anis Mahfoud, avocat et ex-secrétaire général du club. Un ancien pourra-t-il apporter le changement espéré par les fans des Verts?

Une élection se gagne dans la réalité, non pas dans les sondages des réseaux sociaux. C’est l’un des enseignements majeurs de l’Assemblée générale ordinaire (AGO) du 27 octobre 2021, qui a vu Anis Mahfoud accéder à la présidence du club du Raja de Casablanca. Celui-ci succède à Rachid Andaloussi, président par intérim depuis décembre 2020, à l’issue d’une AGO qui a duré plus de six heures, durant lesquelles la crise du club et son avenir ont été débattus en profondeur. Cible des critiques d’une large partie du public rajaoui, notamment les plus jeunes, qui lui reprochent de faire partie de l’ancienne garde et par conséquent du “problème”, M. Mahfoud a su trouver la formule gagnante pour battre ses adversaires.

Alors que ces derniers, en l’occurrence Jamal Eddine Khalfaoui et Redouane Rami, orientaient leur campagne électorale vers le public avec un discours porté sur le changement, le désormais nouveau président du Raja, lui, multipliait les efforts pour convaincre les adhérents du club. Notamment avec sa “Vision de 2030”. Résultat: une victoire écrasante avec 95 voix à la clé, contre 44 et 17 voix en faveur de M. Khalfaoui et M. Rami respectivement.

Bien qu’il soit le plus jeune des trois candidats, Anis Mahfoud, 43 ans, a fait valoir son expérience et a réussi à bien exploiter son réseau de relations à l’intérieur du club. Son passage au poste de secrétaire général durant la tumultueuse présidence de Jawad Ziyat entre 2018 et 2020 était censé être son plus grand point faible dans la course électorale. C’était finalement l’une de ses armes les plus efficaces.

Alors que quelques voix au sein du “parlement” du club se sont élevées juste après l’annonce des résultats, Anis Mahfoud a vite annoncé la couleur. Passé le discours habituel du vainqueur, il révèle déjà vouloir revoir toute l’organisation du staff technique, à commencer par l’entraîneur de l’équipe, le Tunisien Lassaâd Jarda.

Mesures éclaires
Des choix qui pourraient se heurter aux résultats globalement satisfaisants de l’équipe actuellement. En effet, l’équipe est leader du championnat avec 16 points, mais en jouant un match de plus que le rival historique, le Wydad, qui compte également 16 points. Sur le plan africain, les Verts ont facilement validé leur ticket pour la phase des groupes de la Ligue africaine des champions, et feront partie du chapeau 1 lors du tirage au sort, ce qui leur permettra d’éviter les adversaires les plus dangereux de la compétition.

Quoi qu’il en soit, Anis Mahfoud sera attendu au tournant par rapport à de nombreux dossiers, lui qui a promis de revenir aux traditions du club, à savoir la formation et la prospection des talents, notamment dans les quartiers. Et surtout de booster les recettes du club, qui a souffert d’une profonde crise financière ces dernières années.