Analyse du Foreign Policy Research Institute : Le dilemme de Biden


C’est une analyse intéressante que vient de livrer, le 7 décembre 2023, le Foreign Policy Research Institute, think tank basé à Washington, au sujet de la politique de l’administration de Joe Biden à l’égard de la question du Sahara marocain. Due à Michael Walsh, chercheur invité à l’Université de Georgetown, elle donne un aperçu global des principales raisons qui font que, d’une part, l’actuel président américain ne retire par la reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur son Sahara, tout en ne réaffirmant pas de façon officielle qu’il la reconduisait.

En gros, explique-t-il, le Maroc est un pays allié des États-Unis, et aux yeux de ce qu’il qualifie de “nombreux Américains”, la logique voudrait que soient “pris en compte les intérêts des alliés”. De ce fait, la consolidation de la souveraineté marocaine sur le Sahara marocain irait de soi. Sauf que deux pierres d’achoppement se posent, en l’occurrence. La première a trait au biais libéral -au sens anglo-saxon- de Joe Biden, qui, sur le principe, commande que “le droit international limite l’action de l’État”, non sans faire l’impasse sur la nature sous-jacente du différend en question et de sa nature essentiellement régionale, sur lequel le formalisme juridique fait totalement l’impasse. Et secundo, Washington se retrouve à ménager le chou et la chèvre, laquelle chèvre se trouve être en l’occurrence le duo algéro-sud-africain.


Pour quelle raison? Que ledit duo se rapproche davantage de la Russie, qui voudrait profiter, selon Michael Walsh, de tout mouvement pro-marocain des États-Unis. Mais il n’en demeure pas moins qu’au final, l’intérêt sécuritaire américain, dans le contexte d’instabilité que connaît actuellement la région MENA, voudrait que le dossier saharien soit expédié, et que la solution réaliste idoine dépende d’une reconnaissance de la souveraineté du Maroc.

Et il y a plus: que le mouvement séparatiste du Front Polisario soit déclaré terroriste n’est pas à écarter. “Toute prise de décision en matière de politique étrangère concernant le Sahara occidental (sic) prendra presque certainement en compte l’impact sur les missions prioritaires de sécurité nationale, y compris la compétition entre grandes puissances, et la protection de la posture militaire à l’étranger des États-Unis et de ses alliés en Afrique du Nord et au Sahel”, résume Michael Walsh

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