Amina Eltmali: "Nous voulons promouvoir l'artisanat made in Africa"

Entretien avec Amina Eltmali, fondatrice de la plateforme africa-eshopping.com

Quels sont les objectifs de la plateforme?
L'idée de créer une plateforme pour l’artisanat made in Africa est née en plein confinement. Après avoir fini une spécialisation en marketing digital (juin 2020) et en droit des affaires en France, j’ai décidé de venir à Marrakech en septembre 2020 pour travailler sur ce projet, dont l’objectif est de contribuer à la promotion de l’artisanat made in Africa. La plateforme africa-eshopping.com a été lancée fin février 2021, pour aider l’ensemble des artisans africains à faire face à la crise de la Covid-19.

On peut y acheter des tenues traditionnelles, des accessoires de mode, de la décoration, des cosmétiques naturels, etc., le tout fabriqué de manière artisanale sur le continent ou avec des matières artisanales venant d’Afrique. Une amie franco-ivoirienne et moi avions déjà créé, fin 2019, l’association « Yes We African » pour valoriser le savoir-faire traditionnel africain comme le tissage, le travail du bois, du cuir, etc., en Afrique, octroyer des dons et des formations aux artisans africains. Cela a constitué un tremplin pour le lancement de cette plateforme.

Quelle est la plus-value de votre plateforme par rapport à celles existantes?
Je me suis basée sur mes connaissances en tant que spécialiste en marketing digital, professeur et journaliste, pour décliner cette promotion de l’artisanat africain à travers le concept valorisation, information et pédagogie (VIP). Autrement dit, notre plateforme valorise le story-telling des différents produits vendus, notamment les artisans, informe les acheteurs sur les actualités de l’artisanat africain, et raconte l’histoire qui se cache derrière ces créations.

Cette démarche nous permet de nous distinguer de la concurrence, qui privilégie souvent l’aspect commercial. Nous mettons en relation les créateurs et les artisans avec des acheteurs en provenance du monde entier. Ils nous reversent en moyenne 17% sur chaque vente effectuée sur le site. Ce système sera paramétré sur le site pour assurer une transparence dans les transactions.

Vous avez vécu pendant huit années en Afrique de l’Ouest. Cette expérience vous a-t-elle influencée et encouragée à promouvoir la culture africaine?
Absolument. Je suis une passionnée de la création africaine. J’ai vécu, notamment, au Sénégal où j’ai pu rencontrer plusieurs artisans et faire des émissions autour de l’artisanat et de la création africaine.

J’ai séjourné aussi en Guinée Conakry, où j’ai été en contact permanent avec ces professionnels. J’ai même participé au Festival mondial des arts nègres (FESMAN) qui s’est déroulé en 2010 à Dakar, en tant que journaliste à la section mode. J’ai eu la chance de connaitre très tôt les cultures africaines, dès l’âge de 7 ans, à travers mes voisins nés en France mais originaires d’Afrique centrale et d’Afrique de l’ouest, et lors de mes activités au sein de l’association ANI (basée à Paris) qui oeuvrait en faveur de la scolarisation des enfants africains, en collaboration avec l’Unesco.