Diplomatie: Attaque de l'ambassadeur de Russie en Algérie contre le Maroc

En dépit du fait que le Maroc se soit à deux reprises abstenu de voter, les 2 et 24 mars 2022 au niveau de l’Assemblée générale des Nations unies, contre l’invasion qu’elle mène depuis le 24 février 2022 en Ukraine, la Russie continue d’afficher une position hostile à l’intégrité territoriale du Royaume. En tout cas, son ambassadeur en Algérie, Igor Belyaev, n’a pas fait dans la dentelle à l’égard de ce qu’il a qualifié de “revirement” de la part du gouvernement espagnol, présidé par M. Pedro Sanchez, vis-à-vis de la marocanité de la région du Sahara.

S’exprimant sur la chaîne algérienne Ennahar TV, le diplomate s’en est dit “surpris” et a déclaré que “historiquement, et de par son statut d’ancienne puissance coloniale, l’Espagne assume une responsabilité particulière envers le peuple sahraoui (sic)” et que “durant des décennies, le gouvernement espagnol a soutenu le droit du peuple sahraoui (sic)”. Il croit savoir que des “pressions” auraient été “exercées par certaines parties”, en faisant vraisemblablement allusion aux États-Unis.

Mais surtout, M. Belyaev a adopté une position 100% algérienne à l’égard du différend saharien: il a parlé du Maroc et du mouvement séparatiste du Front Polisario comme des “deux” seules “parties”, en appelant à “des négociations directes” entre eux et en rejetant de facto le format des tables rondes inaugurées en décembre 2018 dans la ville de Genève, en Suisse -l’Algérie avait, pareillement, le 12 octobre 2021, annoncé par le biais de son soi-disant “envoyé spécial chargé de la question du Sahara occidental et des pays du Maghreb”, Amar Belani, qu’elle n’y prendrait plus part au futur.

Et surtout, M. Belyaev a pris fait et cause pour l’organisation d’un référendum au Sahara marocain, étant donné que c’est sur cette base que la Minurso, la mission de paix de l’Organisation des Nations unies (ONU), avait été mise en place. Ce qui constitue clairement une atteinte à l’intégrité territoriale du Maroc. Ce dernier va-t-il encore laisser passer cette nouvelle sortie de la diplomatie russe, sachant que le 10 juin 2021, la directrice du département de l’information du ministère des Affaires étrangères du pays eurasiatique, Maria Zakharova, avait également déclaré que son pays privilégiait l’option d’un référendum dans les provinces du Sud plutôt qu’une solution négociée dans le cadre du plan d’autonomie marocain du 11 avril 2007?

Il faut attendre pour voir, mais le moins que l’on puisse dire est que Moscou ne fait rien pour que le Maroc garde la neutralité qu’il souhaite visiblement adopter à son égard.