Diplomatie: Une ambassade d’Irlande pour le Maroc et un camouflet pour l’Algérie

Premier investisseur étranger au Maroc en 2018, l’Irlande se dote enfin d’une ambassade dans le Royaume. Celle-ci se verra dirigée par James McIntyre, cadre du ministère des Affaires étrangères irlandais occupant actuellement le poste de directeur au sein de la division en charge de l’Irlande, du Royaume-Uni et des Amériques. La décision afférente a été officialisée le 9 mars 2021, par le biais d’un communiqué.

La future ambassade ne couvrira ceci dit pas que le Maroc puisqu’elle représentera également l’Irlande en Mauritanie et en Tunisie. Il s’agira, surtout, de la première ambassade irlandaise jamais ouverte au Maghreb, puisque dans le cas de l’Algérie et de la Libye Dublin supervise sa politique diplomatique depuis respectivement la Suisse et l’Italie. Ce qui n’est sans doute pas sans constituer un camouflet pour la voisine de l’Est, qui en nommant, fin octobre 2020, Mohammed Belaoura en Irlande espérait sans doute obtenir ce privilège, alors que le projet irlandais de disposer d’une ambassade à Rabat était dans les tuyaux. Mais finalement pour rien.

Ayant été, dans le temps, un bastion du séparatisme sahraoui, au point que d’aucuns redoutaient à un moment la reconnaissance de la soi-disant “République arabe sahraouie démocratique” (RASD) par le parlement irlandais, l’Irlande est, au fur et à mesure, devenue un partenaire important du Maroc au sein de l’Union européenne (UE). En septembre 2020, son chef de la diplomatie, Simon Coveney, avait asséné une véritable volée de bois vert au mouvement séparatiste du Front Polisario et à son parrain algérien en balayant une question d’un député prêchant l’habituelle logorrhée favorable à la séparation du Sahara marocain. M. Coveney avait alors plaidé en faveur du processus dirigé par l’Organisation des Nations unies (ONU) et les efforts de son secrétaire général, Antonio Guterres, pour parvenir à un règlement politique définitif.

Il y a lieu de signaler l’important travail fait sur place par l’ambassadeur Lahcen Mahraoui, en poste depuis octobre 2016 et qui a surtout l’avantage d’être lui-même sahraoui, ayant notamment été membre du Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes (CORCAS) et membre fondateur et porte-parole de l’Association des tribus sahraouies marocaines en Europe. À travers lui, les autorités marocaines ont établi un contact permanent avec leurs homologues irlandaises.