Ali Lakrakbi : ''Le développement d'unités de fabrication de batteries sera bénéfique pour notre économie''

 


Alors que les contours de l’industrie des batteries pour véhicules électriques commencent à se dessiner, très peu d’annonces et de débats alimentent la chronique. Dans cette interview accordée à Maroc Hebdo, Ali Lakrakbi, directeur général de Kilowatt, passe en revue des aspects qui font partie intégrante du développement de l’écosystème de l’industrie automobile au Maroc. Interview.

Quels sont les atouts dont dispose le Maroc et qui pourraient aider le gouvernement à attirer des investissements dans le créneau de fabrication de batteries pour véhicules électriques ?

La position géographique stratégique du Royaume est un atout incontournable qui en fait une destination privilégiée des investisseurs étrangers. Ce point positif est important aux yeux des acteurs économiques, car compte tenu de cette position, le Maroc est considéré comme étant une porte d’entrée aux marchés européens et africains. Un second point est que le Maroc détient 70% des réserves mondiales de phosphate, ce qui nous permet de fabriquer des batteries LFP (lithium-fer-phosphate) très prisées dans l’industrie automobile pour le stockage de l’énergie. En exploitant ces avantages, le secteur de la fabrication des batteries pour voitures électriques au niveau national profitera avant tout à l’économie marocaine, d’autant plus que nous disposons d’un écosystème automobile bien établi. Je rappelle dans ce sens que nous comptons déjà trois constructeurs automobiles qui fabriquent des voitures électriques au Maroc, à savoir Peugeot, Renault et Citroën.

Quels sont selon vous les enjeux de ce choix ?


Le marché des batteries pour voitures électriques est énorme. Je dirai même qu’il est important par rapport à celui des batteries pour smartphones ou ordinateurs portables. Une voiture électrique nécessite une batterie d’une capacité d'environ 500 batteries de téléphone. Il y a du potentiel. Nous remarquons une baisse des prix des batteries, ce qui rend, dans quelques cas, le prix d’une voiture électrique équivalant à celui d’une voiture thermique. Il est important donc de saisir l’opportunité et d’encourager les investissements dans ce segment, car la construction d’une nouvelle usine peut favoriser l’établissement d’une unité d’intégration de batteries, ainsi que de nouvelles opportunités d’investissements.

Quels sont les obstacles qui pourraient se profiler à l'avenir s'agissant de l'industrie de ces batteries ?

Personnellement, je ne vois pas d’obstacles. Les investisseurs étrangers qui ont choisi le Maroc comme terre d’investissement sont des gens très expérimentés, ce qui nous porte à dire qu'ils ne se seraient pas projetés dans une telle perspective si leur business dans le Royaume n'était pas compétitif. Il doit y avoir des obstacles d’ordre technique ou administratif, mais je pense qu’ils seront facilement surmontés, d’autant plus que le Royaume est enclin à développer cette industrie.

Pourquoi accorde-t-on beaucoup d'importance à ce segment au Maroc ?

Développer une industrie solide de fabrication de ces batteries, c’est maintenant ou jamais. C’est le sujet de l’époque. Il y a une forte demande internationale concernant ces batteries, et le marché n’est pas encore entièrement exploité. Je ne sais pas réellement ce qui trame derrière les coulisses, mais on sait au moins qu’il y a des négociations d’investissement en cours. C’est une course contre la montre. Il faut saisir l’occasion sans tarder pour se positionner rapidement dans ce créneau prometteur.

 

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