Ali Benbrik El Kandoussi, une figure nationaliste peu connue

Un militant qui a dédié sa vie au recouvrement du Sahara oriental


Il a vécu par et pour son militantisme en faveur de la restitution du Sahara oriental au royaume.

Ali Benbrik El Kandoussi, qui a vu le jour le 8 août 1943 dans la tribu de Doui-Menai, au Sahara oriental marocain, ne jurait, toute sa vie, que par une seule cause : le retour du Sahara oriental à son pays d’origine, le Maroc. Une cause entièrement légitime, tant et si bien que toutes les preuves historiques sont, une fois de plus, du côté du Royaume dont cette partie du territoire fut spoliée de manière flagrante par la France au profit de l’Algérie française.

Fils de Laarbi Benbrik, doyen des militants du mouvement national au Sahara oriental, M. Benbrik El Kandoussi (son second nom de famille est issu de Knadssa, actuellement sous autorité algérienne), a été élu en 1977 à Oujda président du comité national des régions occupées du Sahara oriental par les habitants de cette même région.

Nationaliste de la première heure
et ardent défenseur de l’intégrité territoriale du Maroc, il a été accueilli, en compagnie de plusieurs autres militants, par feu le Roi Hassan II à la fin des années 1970, qui leur a promis que la lutte pour la restitution du Sahara oriental ne sera jamais arrêtée. Nationaliste de la première heure Joint par Maroc Hebdo, Ahmed Fitri, son ami de longue date et secrétaire général actuel du parti Unité et Démocratie (PUD), se souvient d’un homme toujours muni d’un cartable en cuir où il gardait quantité de documents sur le Sahara oriental.


«J’éprouvais beaucoup de compassion à son égard, car malgré les sacrifices qu’il a faits pour la défense de cette cause, il n’était assisté ni par les autorités ni par les partis politiques», regrette- t-il, évoquant les nombreuses réunions dudit comité auxquelles il avait assisté avec le défunt, décédé le 21 décembre 2019 au quartier Hassan à Rabat. M. Fitri a plaidé, dans sa même déclaration, pour une large présence de la marocanité du Sahara oriental dans la conscience collective des Marocains, en attendant, dit-il, «l’arrivée du moment adéquat pour le restituer».

Diplômé en Droit de l’Ecole nationale de l’administration (ENA du Maroc), M. Benbrik El Kandoussi se disait toujours fier d’être le disciple du regretté Abdelkrim Touati, l’un des plus célèbres oulémas de l’Université Al Quaraouiyine. M. El Kandoussi a occupé le poste de chef de service au ministère de l’Education nationale pendant une longue période, apprend- on auprès de l’un de ses cousins, Ali Tounsi, qui était et est toujours un militant pour le retour à la mère-patrie de ce territoire.

«Ali Benbrik El Kandoussi militait corps et âme pour la défense des droits sociaux, économiques et culturels des habitants du Sahara oriental. Il ne cessait d’appeler à la libération de ce territoire du joug du colonisateur franco-algérien avec tous les moyens dont il disposait à l’époque, allant de publications, entretiens, et lettres au cabinet royal et au secrétaire général des Nations unies jusqu’à la saisie de la Cour internationale de justice», souligne-t-il.

Conscient de l’importance du rôle que peuvent jouer également les partis politiques, M. Benbrik El Kandoussi n’avait de cesse de contacter toutes les sensibilités, de droite comme de gauche, pour générer un maximum d’engagement populaire digne de l’ampleur de la question du Sahara oriental occupé. « Il n’était pas encarté dans un parti politique, mais il était un sympathisant de l’Istiqlal, compte tenu de l’intérêt que manifestaient Allal El Fassi et M’hamed Boucetta, figures de proue du parti, pour la marocanité de cette région », conclut M. Tounsi.

Articles similaires