Algérie: 15 et 12 ans de prison pour deux ex-Premiers ministres

Deux ex-Premiers ministres algériens Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, jugés pour des faits de corruption à Alger, ont écopé mercredi respectivement de 15 et 12 ans de prison ferme dans un procès historique, a constaté une journaliste de l'AFP.




L'annonce de ces verdicts intervient à deux jours de l'élection présidentielle, rejetée massivement par la rue qui critique les candidats en lice qui ont tous été de près ou de loin associés au pouvoir de l'ex président Abdelaziz Bouteflika.




MM. Ouyahia et Sellal, proches de M. Bouteflika, au pouvoir durant 20 ans avant d'être contraint en avril à la démission par un mouvement populaire de contestation inédit, étaient jugés depuis une semaine avec d'autres ex-hauts dirigeants politique et des grands patrons pour des malversations dans le secteur de l'industrie automobile.




Abdeslam Bouchouareb, ancien ministre de l'Industrie en fuite à l'étranger, a lui été condamné par contumace à 20 ans de prison. Deux autres ex-ministres de l'Industrie Mahdjoub Bedda et Youcef Yousfi ont écopé de 10 ans d'emprisonnement.




Ancienne préfète, Nouria Yamina Zerhouni, qui comparaissait libre à la différence de ses coaccusés, s'est vu infliger cinq ans de prison ferme.


 Ancien président du Forum des chefs d'entreprises (FCE), principale organisation patronale du pays, Ali Haddad, PDG du n°1 privé du BTP algérien a été condamné à sept ans de prison ferme.




Trois autres hommes d'affaires, Ahmed Mazouz, Hassen Arbaoui et Mohamed Bairi, propriétaires d'usines de montage de véhicules, ont écopé respectivement de sept ans, six ans et trois ans de prison ferme.




Poursuivi pour le financement occulte de la campagne de M. Bouteflika, Abdelghani Zaalane, ancien ministre des Transports et ex-directeur de campagne de M. Bouteflika pour la présidentielle d'avril 2019 finalement annulée, a été acquitté.




Les biens de l'ensemble des fonctionnaires et ceux de leur famille ont été confisqués, a annoncé le juge.




C'est la première fois depuis l'indépendance en 1962 qu'étaient jugés des dirigeants de ce rang. Ce procès était le premier consécutif aux vastes enquêtes sur des faits présumés de corruption, ouvertes à la suite du départ forcé du président Bouteflika, et soupçonnées de servir opportunément des luttes de clan au sommet dans l'après-Bouteflika.



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