L’Algérie se prépare-t-elle à une nouvelle guerre des sables ?


Une escalade inquiétante se profile à l’horizon alors que l’Algérie se prépare à une nouvelle guerre. Telle est la sinistre perspective qui se dessine à travers le déploiement militaire sans précédent le long des frontières marocaines.

Alors que le plus grand exercice militaire d’Afrique, l’African Lion, vient de commencer le mardi 7 juin 2023 au Sahara marocain, l’Algérie a rapidement déployé des troupes aux frontières avec le Maroc. Le lobbyisme de l’Algérie à l’échelle internationale, notamment à travers les soutiens du polisario au sein du Sénat américain et les efforts du sénateur James Inhofe, pour limiter la coopération militaire entre le Maroc et les États- Unis, s’est soldé par un échec cuisant.

L’Algérie semble maintenant recourir à la confrontation directe. Selon une récente publication du site Maghreb- intelligence, le Chef d’État-Major de l’Armée algérienne, Saïd Chengriha, aurait pris des mesures sans précédent en ordonnant le déploiement massif de forces armées près des frontières maroco-algériennes. Ces troupes, mieux équipées et renforcées, ont été mobilisées et se sont positionnées à Hammaguir, une localité située à plus de 110 kilomètres au sudouest de Béchar, à proximité de la frontière marocaine.

Selon des sources algériennes citées par le site Maghreb Intelligence, le haut commandement de l’Armée algérienne aurait minutieusement planifié ce déploiement et présenté un plan d’action prévoyant un risque élevé de conflit avec le voisin marocain à partir du mois de septembre prochain. Ces tensions sont alimentées, d’après les sources algériennes, par les opérations militaires menées par le Maroc contre les milices du front Polisario au-delà du «mur des Sables».


Le Maroc riposte
Les préparatifs militaires de l’Algérie et les menaces accrues le long des frontières ne datent pas d’aujourd’hui, ce qui laisse planer une menace sérieuse sur la stabilité de la région du Maghreb. Ce n’est pas la première fois que de tels préparatifs militaires ont lieu. Le 16 novembre 2022, dans la même base de Hammaguir, près du Maroc, l’Algérie et la Russie avaient organisé conjointement une série d’exercices militaires baptisée «Bouclier du désert-2022». Ces exercices ont impliqué environ 80 membres des forces spéciales russes ainsi qu’une centaine de soldats algériens.

L’objectif était de simuler la détection et l’élimination de groupes terroristes. De plus, le lundi 30 janvier 2023, l’Algérie a tenu un Conseil de guerre présidé par le Chef de l’État-Major de l’Armée nationale populaire (ANP), Saïd Chengriha, en présence du président Abdelmadjid Tebboune. Cette réunion exceptionnelle, annoncée comme une «réunion du Haut conseil de sécurité», a suscité des interrogations en raison de l’absence des personnalités civiles habituellement présentes.

Cette absence a été interprétée comme un signe de la prédominance de l’armée dans la prise de décision, soulignant ainsi une militarisation croissante de la politique en Algérie. Ces réunions du Haut Conseil de sécurité se sont multipliées depuis l’arrivée de Abdelmadjid Tebboune. Cette stratégie s’accompagne également d’une augmentation record du budget d’armement, qui a dépassé les 23 milliards de dollars en 2023, alors qu’il n’avait pas dépassé les 10 milliards depuis 2012.

Les ambitions guerrières de la junte militaire algérienne ne sont donc plus à prouver. Face à ces menaces algériennes, le Maroc ne reste pas indifférent. Les responsables marocains oeuvrent toutefois en silence pour consolider la sécurité du Maroc. Dans un discours prononcé à l’occasion du 66e anniversaire de la création des FAR, le 20 aout 2019, SM le Roi Mohammed VI a annoncé que «Nous continuerons à donner la priorité au plan d’équipement et de développement des Forces armées royales, selon des programmes intégrés, basés notamment sur la création d’industries militaires et le développement de la recherche scientifique dans le but de développer l’auto- équipement de nos Forces armées dans divers domaines».

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