Rupture Algérie-Maroc: Appels au calme et réjouissement iranien

Dans l’ensemble, l’initiative de la voisine de l’Est de mettre fin à ses relations avec le Royaume n’a pas vraiment trouvé de soutiens au sein de la communauté internationale, en dehors de celui de l’Iran.

Funambulisme diplomatique oblige, la plupart des capitales ont eu une réaction plutôt équidistante eu égard à la rupture par l’Algérie, le 24 août 2021, de ses relations avec le Maroc. Chose notamment palpable au niveau du monde arabe, où des pays comme l’Arabie saoudite et l’Égypte, puis la Mauritanie, tentent même des médiations pour que les deux États maghrébins voisins puissent recoller les morceaux. Le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, a, ainsi, appelé ces derniers “à faire preuve de retenue et éviter une nouvelle escalade”; propos également repris mot pour mot, dans la foulée, par la Libye, comme si le Maroc y était vraiment, à son niveau, pour quelque chose.

Le ministère des Affaires étrangères saoudien a, quant à lui, plaidé en faveur du “dialogue et [de] la diplomatie pour ouvrir un nouveau chapitre dans les relations (…) afin de garantir la sécurité et la stabilité”, avant d’être suivi par la suite par le reste des pays du Golfe. Les Émirats arabes unis notamment, dont les dirigeants avaient fait le choix, le 27 octobre 2020, d’officialiser leur soutien à la marocanité du Sahara marocain en y annonçant l’ouverture d’un consulat dans la ville de Laâyoune, ont affirmé qu’ils tiennent constamment “à la solidité des relations arabes positives, à leur unité et à leur développement pour servir les intérêts des peuples frères et renforcer leur prospérité” et, à ce titre, déplorent “les développements en cours entre l’Algérie et le Maroc, et la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays”.

Mais en Occident aussi on a prêté beaucoup d’intérêt à l’évolution de la situation au Maghreb, avec notamment l’ancienne puissance coloniale française qui, par le biais de sa diplomatie, a dit “reste[r] naturellement attachée à l’approfondissement des liens et au dialogue entre les pays de la région, pour en consolider la stabilité et la prospérité” et a qualifié le Maroc et l’Algérie de “deux pays amis et deux partenaires essentiels de la France”. Il se dit également qu’elle aussi aurait offert ses bons offices pour servir d’intermédiaire, sans toutefois que la chose ait été officiellement confirmée. Aussi, l’Espagne suit de près l’évolution de la situation, d’abord pour des considérations géostratégiques évidentes, puisque le Maghreb se trouve tout simplement dans le versant sud de sa métropole, mais aussi pour la raison particulière de son approvisionnement énergétique, la voisine du nord redoutant notamment de ne plus avoir à disposition le gaz algérien.

Le ministre des Affaires étrangères espagnol, José Manuel Albares, a d’ailleurs été directement questionné à ce propos au parlement, au cours du passage qu’il y avait effectué le 30 août 2021, et il avait voulu se montrer rassurant. “L’approvisionnement en gaz de l’Espagne n’est pas en danger car nos amis marocains et algériens veulent travailler ensemble dans ce domaine,” avait-il déclaré. Mais la décision désormais officielle du régime algérien de vouloir se passer à l’avenir du gazoduc Maghreb-Europe transitant par le Maroc le dément.

En tout cas, il ne semble y avoir que l’Iran pour se féliciter du pas effectué par l’Algérie, l’ambassadeur de la République islamique à Alger le trouvant motivé dans une interview en date du 26 août 2021 dans le média électronique El Ikhbaria. Ce qui, du reste, donne raison au ministre des Affaires étrangères israélien, Yaïr Lapid, qui s’était inquiété le 13 août 2021 depuis le Maroc du rapprochement algéro-iranien...