Le pouvoir algérien gèle les activités du parti socialiste des travailleurs

Les dérives d’un système totalitaire

Cette décision inédite contre un parti politique vient s’ajouter à l’intenable situation des libertés démocratiques et des droits de l’Homme dans le pays, marquées notamment par une fermeture inédite des champs politique et médiatique.

Les autorités algériennes musellent de plus en plus l’action politique dans le pays. En effet, un parti politique en l’occurrence, le Parti socialiste des travailleurs (PST), subit les foudres du pouvoir algérien, qui a décidé de geler les activités de ce parti et de procéder à la fermeture de ses locaux. «Nous venons d’apprendre la décision grave du conseil d’État, qui vient d’ordonner la suspension temporaire des activités du Parti socialiste des travailleurs et la fermeture de ses locaux», a indiqué le PST dans un communiqué publié sur sa page Facebook. La direction du parti dénonce une décision politique qui constitue un précédent grave.

Dans son communiqué signé par Mahmoud Rechidi, le PST écrit que cette décision politique constitue aussi une intolérable atteinte au multipartisme et aux libertés démocratiques en Algérie. Cette décision intervient après les poursuites judiciaires engagées en mai 2021 par le ministère de l’Intérieur à l’encontre de cette formation politique d’opposition.

En effet, le parti a été saisi le 11 avril 2021 par le ministère de l’Intérieur afin de mettre en oeuvre les procédures organisationnelles statutaires afin de se conformer avec la législation en vigueur relative aux partis politiques. Dernièrement, les forces du Pacte pour l’alternative démocratique (PAD), un collectif de plusieurs partis politiques, personnalités et représentants de la société civile en Algérie, avaient dénoncé les pratiques d’un système totalitaire dans ce pays maghrébin.

Dans un communiqué, le PAD exprime son indignation contre un procédé qu’il qualifie de dérive, qui traduit une volonté de “camisoler” la société. Les forces du Pacte pour l’alternative démocratique dénoncent les pratiques d’un système totalitaire, après la menace du ministère algérien de l’Intérieur de suspendre le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD).

Poursuites judiciaires
Cette dérive vient s’ajouter à l’intenable situation des libertés démocratiques et des droits de l’Homme marquées par une fermeture inédite des champs politique et médiatique, l’emprisonnement arbitraire du coordinateur du Mouvement démocratique et social (MDS), les procédures de dissolution engagées à l’encontre de l’Union pour le changement et le progrès (UCP), le PST et l’association Rassemblement actions jeunesse (RAJ), la poursuite des arrestations quasi-quotidiennes de militants, d’universitaires, d’étudiants.

Ces pratiques viennent grossir les rangs d’une liste de plus de 300 détenus politiques et d’opinion et des milliers de poursuites et contrôles judiciaires, de détentions provisoires abusives enregistrées durant la seule année 2021.