Algérie-France: L’ambassadeur français rappelé en douce?


Est-ce la réponse de la France à la convocation par l’Algérie de son ambassadeur à Paris? Le pays européen a rendu public, ce 17 février 2023, un arrêté en date d’une semaine plus tôt admettant son ambassadeur dans la voisine de l’Est, François Gouyette, à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 1er août 2023. Et si, dans la forme, on comprend que c’est M. Gouyette lui-même, qui doit fêter le 17 juin 2023 son 67ème anniversaire, qui est à l’initiative de la décision, il n’en reste pas moins que le fait que celle-ci soit intervenue deux jours exactement après celle de l’Algérie relative à son propre ambassadeur interpelle, et que d’aucuns y voient, à partir de là, une mesure de rétorsion en bonne et due forme. 


Également en plein froid avec le Maroc en raison de son ambiguïté vis-à-vis du différend autour de la région du Sahara marocain, la France avait d’ailleurs déjà été accusée d’avoir procédé à un rappel qui ne dit pas son nom de son ambassadrice Hélène Le Gal, affectée à partir de septembre 2022 au Service européen pour l'action extérieure, ce qui avait de fait laissé l’ancienne puissance coloniale sans représentant diplomatique dans le Royaume jusqu’à l’entrée en fonction de M. Christophe Lecourtier près de trois mois plus tard, le 16 décembre 2022. Ce qui est sûr est que les relations entre l’Algérie et la France sont loin de s’arranger, en dépit des gestes faits par cette dernière envers elle depuis l’élection en mai 2017 du président Emmanuel Macron, sans doute le président le plus pro-algérien de l’histoire de la Ve République. 

En elle-même, la nomination de M. Gouyette en septembre 2020 en lieu et place du honni Xavier Driencourt, pratiquement chassé d’Algérie -et qui vient d’ailleurs de se voir vertement tancer par la machine médiatique officielle algérienne suite à sa tribune de début janvier 2023 dans le quotidien français “Le Figaro” annonçant l’effondrement du régime algérien-, avait constitué un gage d’apaisement, sur la base que le diplomate était marié à une ressortissante algérienne et qu’il parlait même la “dardja”, l’arabe dialectal algérien. Mais l’affaire de l’exfiltration de l’activiste algéro-française Amira Bouraoui depuis la Tunisie alors que l’Algérie souhaitait la rapatrier pour la juger pour ses activités militantes au sein du mouvement de protestation du Hirak est venue rappeler qu’Alger ne voit pas de la même façon le maintien de relations excellentes mais que celles-ci sont tributaires d’un alignement pur et simple sur ses intérêts et son agenda.

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