Le pouvoir algérien ferme le gazoduc Maghreb-Europe approvisionnant le Maroc en gaz

Une animosité sans discernement

Même après la décision d’Alger de fermer le gazoduc Maghreb-Europe suite à l’expiration du contrat le liant au Maroc, une chose est sûre: Ce Royaume, détruit, abattu, paralysé, que voudraient voir Abdelmajid Tebboune et ses supérieurs séniles n’existe même pas en rêve.

Dimanche 10 octobre 2021, à trois semaines seulement de l’expiration du contrat du gazoduc Maghreb-Europe (GME) desservant l’Espagne via le territoire marocain, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a déclaré, en guise de réponse à la question d’un journaliste: «L’Espagne ne sera plus approvisionnée en gaz via le GME. Nous n’avons plus besoin de ce gazoduc». Par la décision de fermer définitivement le gazoduc Maghreb- Europe après l’expiration du contrat le liant au Maroc, le 31 octobre 2021, Tebboune veut voir à genoux le Maroc sur un plan économique, à l’image d’une Algérie moribonde. Le train du développement que le Maroc a emprunté hante son existence ou plutôt celle de ceux qui l’ont porté au pouvoir, avec pour mission de détruire le Maroc.

Le président algérien, dont l’élection le 12 décembre 2019 est contestée, est une marionnette dont les généraux algériens tirent les ficelles. Wassini Bouazza, ex-puissant patron des renseignements algériens (DGSI), avait sous la main un sale dossier de corruption impliquant Abdelmadjid Tebboune. Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major et homme fort du régime après la mise à l’écart de Abdelaziz Bouteflika suite au déclenchement du Hirak en février 2019, voyait dans le dossier de Tebboune un moyen de pression pour manier un potentiel président. La mort suspecte de Gaïd Salah juste après l’élection de Tebboune et l’emprisonnement de Wassini Bouazza ont permis au général Saïd Chengriha, actuel homme fort de l’armée, de diriger le pays à sa guise et d’avoir dans son viseur le Maroc. Le soi-disant chef d’État se voit obligé de se soumettre à la volonté de sa «hiérarchie» et s’exécute à la lettre.

Le Maroc savait que cette carte du gaz allait être utilisée par le pouvoir algérien. Il comptait sur l’Espagne pour négocier avec l’Algérie des généraux la reconduction du contrat. Sauf que le voisin ibérique ne s’attendait pas à une pression inattendue lorsque l’Algérie a décidé en plein hiver de l’année dernière de revoir les prix de son gaz à l’export à la hausse. Il a alors pensé à négocier un nouveau contrat d’approvisionnement via Med- Gaz, complété par des exportations par voie maritime, avec des prix avantageux. Une promesse algérienne qui risque de ne pas être tenue.

Du coup, le Maroc ne peut pas compter sur l’Espagne, qui prie pour que ses besoins soient entièrement satisfaits. Privé du gaz algérien, le Maroc n’a pas de grandes réserves stratégiques qui lui permettraient de résister pour quelques mois encore. C’est dire qu’il n’a pas beaucoup de temps pour trouver une solution. Il devra se tourner, comme par le passé, vers les pays du Golfe. Une aide masquée sous forme d’approvisionnement avec un prix préférentiel serait la bienvenue et plus qu’attendue.

Le Royaume peut aussi se tourner vers l’Afrique, capitalisant sur sa diplomatie économique qui lui a préparé une place privilégiée au sein de la communauté de l’Afrique subsaharienne et australe. En attendant la mise en oeuvre du projet du gazoduc Nigeria-Maroc, entériné par la Cédéao le 10 décembre 2020, l’acheminement du gaz nigérian par voie maritime peut être une alternative viable et réalisable.

Le temps presse, certes. Les options possibles ne sont pas nombreuses. D’ores et déjà, notre diplomatie a entamé la prospection en direction des pays amis. Une chose est sûre: Ce Royaume détruit, abattu, paralysé, que voudraient voir Abdelmadjid Tebboune et ses supérieurs séniles n’existe même pas en rêve.