L'Agérie expulse 7000 migrants subsahariens et provoque une crise humanitaire au Niger

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Le régime militaire d’Alger continue de rafler des migrants réguliers et irréguliers dans la rue, dans leurs domiciles ou dans leurs lieux de travail. Une véritable chasse à l’homme. Ils les déplacent vers un centre de refoulement à 1900 km au sud d’Alger puis les déportent vers les frontières avec le Niger, abandonnés en plein désert.

Au nord du Niger, à la frontière algérienne, les organisations humanitaires ont une fois encore sonné l’alarme le 30 avril 2023. L’armée algérienne a expulsé 7000 migrants subsahariens dont une bonne partie vivait en Algérie en situation régulière et disposait d’un travail légal. Ils ont été raflés dans la rue, dans leurs domiciles ou dans leurs lieux de travail. Ils ont fait l’objet d’une véritable chasse à l’homme.

Une fois arrêtés, raconte Mehdi Chebil, reporter à Infomigrants, un site d’information destiné aux migrants, ils ont été déportés vers un centre de refoulement de Tamarasset à 1900 km au sud d’Alger depuis lequel ils ont été ensuite déplacés vers les frontières avec le Niger, abandonnés dans un lieu désertique. Résignés, les migrants se sont débrouillés seuls pour rejoindre le premier patelin au Niger, en l’occurrence le petit village d’Assmaka de 1500 habitants, où s’activent des bandits et des coupeurs de route, isolé du reste du pays. « La chose qui m’a frappé dans leurs récits d’expulsion, c’est que les policiers algériens leur ont confisqué leur argent et leurs téléphones portables. Certains migrants ont des papiers en règle, mais les policiers algériens ne voulaient rien savoir. A Assamaka, un petit village de 1500 personnes. Les migrants dorment à la belle étoile et s’habillent avec des couvertures », témoigne-t-il.


Dormir à la belle étoile
Parmi les émigrants, on recense des Guinéens, des Maliens, des Nigériens, des Ivoiriens, des Burkinabais, des Congolais, des Nigérians, des Gambiens, des Sierra-Léonais, des Camerounais et des Libériens. Ils manquent de nourriture, d’eau et de presque tout. Les organisations internationales craignent une crise humanitaire et une recrudescence de la criminalité transfrontalière dans la ville d’Assamaka.

Le ministre de l’Intérieur du Niger, Hamadou Amadou Souley, s’est rendu dans le village frontalier, situé dans la région d’Agadez, pour s’informer de la situation humanitaire dans la zone. « Depuis le début de l’année 2023, les expulsions de citoyens d’Afrique centrale ont acquis une dimension critique avec 7172 personnes expulsées en raison d’une disponibilité très limitée des services sociaux de base (dans la zone).

Cette forte concentration d’émigrés a pour corollaire une forte augmentation de la criminalité frontalière », a souligné le ministre nigérien. D’après les Nations-Unies, l’Algérie a expulsé depuis 2014 des dizaines de milliers de migrants originaires d’Afrique de l’Ouest et centrale. A l’origine un point de transit vers l’Europe, l’Algérie devient, pour certains de ces migrants, un pays de destination. L’Eldorado se transforme en cauchemar. Le régime militaire d’Alger, qui se dit prôner l’amitié entre les peuples, les expulse et abandonne en plein désert. Le pire, c’est qu’il ne reconnaît jamais ces expulsions. Pour leur grand malheur.

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