Algérie-Espagne: Abdelmadjid Tebboune en prend pour son grade

La caravane passe et les chiens aboient, dit le fameux adage arabe. Et c’est aussi, à peu de choses près, le fond de la sortie de ce 25 avril 2022 du ministre des Affaires étrangères espagnol, José Manuel Albares, pour réagir aux virulents propos tenus à l’encontre de son pays par le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, loin encore d’avoir avalé la pilule du revirement de l’Espagne vis-à-vis de l’initiative pour la négociation d’un statut d’autonomie au Sahara marocain (qu’elle considère désormais comme la base la plus sérieuse, réaliste et crédible pour la résolution du différend autour de la région).

Je ne vais pas alimenter des polémiques stériles,” a balayé, d’un revers de main, M. Albares, qui s’exprimait aux micros de la station espagnole “Onda Cero” dans le cadre de sa matinale “Mas de Uno”. Et de poursuivre que “l’Espagne a pris une décision souveraine dans le cadre du droit international, et [qu’]il n’y a rien d’autre à ajouter”. En d’autres termes, M. Tebboune peut bien continuer à pérorer, l’Espagne n’est pas près de revenir sur sa décision sur le Sahara marocain.

De même que les menaces agitées par l’Algérie d’augmenter le prix du gaz livré au pays ibérique ne semblent pas entamer la volonté du gouvernement de ce dernier, présidé depuis début juin 2018 par le secrétaire général du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), Pedro Sanchez, d’“inaugurer une étape inédite dans les relations” maroco-espagnoles, comme y avait appelé le roi Mohammed VI dans son dernier discours de la Révolution du Roi et du peuple du 20 août 2021.

Comme le font remarquer nombre d’observateurs de la scène maghrébine, la voisine de l’Est ne fait, en vérité, que confirmer qu’elle est bel et bien partie prenante au différend autour du Sahara marocain et non une simple partie intéressée, chose que le fait qu’elle ait rappelé son ambassadeur en Espagne au lendemain du changement de position espagnol avait, en lui-même, déjà prouvé. Elle en est de toute façon la première perdante, étant donné que de nombreux pays, notamment aux plans arabe et africain, ont décidé de prendre leurs distances avec elle.