L'Algérie cherche l'escalade par tous les moyens

L'Algérie accuse le Maroc d'entretenir le trafic de drogues aux frontières

Il ne faut pas espérer une réouverture prochaine des frontières terrestres entre le Maroc et l’Algérie. C’est ce qui ressort de la dernière sortie du ministre algérien de la Communication, Ammar Belhimer, qui ne tarit pas d’allégations à l’encontre du Maroc.

L’escalade du pouvoir algérien contre le Royaume se poursuit. Le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, Ammar Belhimer, a été mandaté cette fois pour parler de la question de la réouverture des frontières maroco-algériennes fermées depuis 1994. «La demande de la réouverture des frontières par les responsables marocains ne suffit pas, car ces derniers doivent avoir de bonnes intentions et prendre les mesures nécessaires pour cesser les atteintes et les crimes à l’encontre de l’Algérie aux frontières, notamment le trafic des armes et de la drogue», a-t-il déclaré dans une interview accordée à Arabic Post le 10 avril 2021.

M. Belhimer a affirmé que l’Algérie ne tenait pas compte des «comportements inappropriés» au niveau des frontières. «Mais à un moment donné, l’autre côté persiste dans les transgressions et ne tient pas compte les relations de fraternité et de voisinage, nous sommes obligés prendre les mesures nécessaires pour défendre et protéger nos droits», a-t-il renchéri.

Pratiques dangereuses
Se prononçant sur l’affaire de la zone frontalière algéro-marocaine Figuig dans la wilaya de Bechar, il a indiqué que compte tenu du fait que ces frontières sont «transformées en des issues préférées pour la contrebande», «les mesures ont été prises à cet effet pour mettre fin à ces pratiques dangereuses visant la sécurité et la stabilité de l’Algérie».

Accuser à tort le Maroc de trafic d’armes et de drogues n’est pas nouveau. En revanche, on sait que Ammar Belhimer a un fils qui s’appelle Boumédiene. Ce dernier est poursuivi par la justice algérienne pour son implication dans une affaire de trafic de drogues.

Il a été placé sous mandat de dépôt suite à un mandat d’arrêt lancé contre lui par le tribunal d’Oued Rhiou, qui relève de la Cour de Relizane, dimanche 21 février 2021, dans le cadre d’une enquête sur une affaire de drogues qui remonte à la première semaine du mois de novembre 2020. M. Boumédiene aurait joué un rôle important dans cette affaire, d’après les conclusions du juge d’instruction près le tribunal d’Oued Rhiou.

L’histoire de son arrestation remonte au jour où le chauffeur de M. Belhimer le père (le porte-parole du gouvernement) a été arrêté, en possession de plus d’un kilo de kif traité, par les services de sécurité lors d’un barrage routier dressé à l’entrée d’Oued Rhiou. Durant ses auditions devant le juge d’instruction, le chauffeur est passé aux aveux. Il a déclaré qu’il avait acheminé en complicité et la participation active de Boumédiene Belhimer, plusieurs livraisons de kif traité entre les localités de l’ouest algérien et la capitale Alger.

M. Belhimer le père a failli être interpellé. Il a été sauvé de justesse par son chauffeur qui a entièrement assumé la responsabilité et n’a dénoncé finalement que le fils. Cette affaire est en soi une riposte au régime algérien et à ses allégations contre le Royaume.