L'Algérie épinglée par le département d'état Américain

DROITS DE L’HOMME

Dans son rapport annuel sur la situation des droits humains dans le monde, le département d’Etat américain dresse un tableau noir pour l’Algérie. De très graves violations ont été commises par le régime algérien, particulièrement depuis le début du Hirak en février 2019.

Le département d’Etat américain a, de nouveau, épinglé l’Algérie sur les graves violations des droits de l’Homme commises en 2020. Dans son rapport annuel sur la situation des droits humains à travers le monde, le département d’Etat américain a fait état de graves restrictions à la liberté d’expression et de la presse.

«Les principaux problèmes relatifs aux droits de l’homme ont compris la détention arbitraire, les prisonniers politiques, le manque d’indépendance et d’impartialité de la justice, l’intrusion illégale dans la vie privée, de graves restrictions à la liberté d’expression et de la presse, y compris les lois pénales sur la diffamation, les arrestations de journalistes et le blocage de sites», énumère le département dans son rapport.

Et ce n’est pas tout. Il déplore aussi l’entrave substantielle aux libertés de réunion et d’associations pacifiques, le refoulement de réfugiés vers un pays où ils seraient menacés dans leur vie ou leur liberté, la corruption, l’absence d’enquête et de prise de responsabilité pour la violence faite aux femmes, la traite des personnes, des restrictions importantes à la liberté d’association des travailleurs, ainsi que les pires formes de travail des enfants.

«Le gouvernement a pris des mesures pour enquêter, poursuivre ou punir les fonctionnaires qui ont commis des violations, en particulier la corruption, mais l’impunité de la police et des agents de sécurité et la sur-utilisation de la détention provisoire demeurent un problème», souligne le département d’Etat américain.

Détentions arbitraires
Selon le document, une augmentation de la détention provisoire a coïncidé avec le début du mouvement de protestations populaires en février 2019. Il explique que les forces de sécurité ont arrêté régulièrement des personnes qui participaient à des manifestations, estimant que «bien que la loi interdise les arrestations et détentions arbitraires, les autorités ont utilisé des dispositions au libellé vague telles que ‘l’incitation à attroupement non armé’ et ‘l’outrage à corps constitué’, pour arrêter et détenir des individus considérés comme troublant l’ordre public ou critiquant le gouvernement », poursuit le document.

Le département d’Etat a également mis la lumière sur la situation des détenus et prisonniers politiques en Algérie. Citant le Comité National de libération des détenus (CNLD), le rapport fait savoir que 61 prisonniers politiques associés au mouvement de protestation Hirak étaient détenus par le gouvernement. Ils comprenaient des journalistes, des militants, des avocats, des personnalités de l’opposition et des manifestants du Hirak, explique le rapport.