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Alger s'agite pour faire tomber la décision Américaine

SOUVERAINETÉ DU MAROC SUR SON SAHARA

Au service du pouvoir algérien, une partie de la classe politique américaine, intéressée, fait du lobbying pour tenter d’attaquer la décision de l’administration américaine. Peine perdue.

Alger pèche dans les eaux troubles. La décision de l’administration américaine de reconnaître la souveraineté du Maroc sur son Sahara fait grincer les dents du pouvoir algérien. Du coup, ce dernier réactive ses réseaux de lobbying américains qu’il rémunère régulièrement pour qu’ils «justifient leurs salaires». Basés dans la capitale américaine, ces réseaux ont alors réagi.

Le principal appui d’Alger est le lobbyiste américain David Keene, dont la mission, entre autres, est de promouvoir le rôle de défense régionale dans la capitale américaine et ternir l’image du Maroc. Qui estce? David Keene est un républicain, proche de l’ex-conseiller du président américain à la sécurité, John Bolton. L’Algérie l’a gratifié d’un contrat, signé en octobre 2018, avec comme «honoraires» 30.000 dollars mensuellement.

En mai 2020, le contrat est renouvelé. Une mission nouvelle s’ajoute à sa liste d’objectifs à atteindre: prévoir et empêcher toute velléité de l’administration Trump visant à faire pencher la balance du côté marocain dans le différend fomenté autour du Sahara marocain. Aussi, selon les termes de son contrat, Keene Consulting «devra apporter une contribution de qualité à la promotion de l’image de l’Algérie tant au niveau de l’exécutif américain que du Congrès et du monde des affaires».

Sauf que ce qui ne devait pas arriver est arrivé. En dépit du statut et de la proximité de David Keene du président Trump, il n’a pas vu voir venir cette décision historique. Il n’imaginait sans doute pas que l’administration Trump ferait un choix défavorable à son client. Malgré son fiasco, Alger ne compte pas lâcher prise. Le républicain David Keene n’a donc pas hésité à attaquer ouvertement son co-équipier du parti, le président Trump, le secrétaire d’État Mike Pompeo et Jared Kushner.

Cette confrontation a précipité la fin des relations qui le liaient Trump. Son principal allié dans le dossier algérien, l’ex-conseiller à la sécurité nationale John Bolton, limogé en septembre 2019 par Trump, s’est aligné sur la position de Keen. John Bolton a longtemps soutenu la tenue du référendum d’autodétermination et a participé à l’élaboration du plan James Baker II en 2003, lequel prévoyait la mise en place d’une autorité provisoire autonome.

“Contribution de qualité”
En février 2019, ce sénateur s’était rendu en Algérie, où il avait, à la tête d’une délégation de congressistes américains, rencontré l’ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia, avant une visite dans le camp de Tindouf. Un parti pris que ces Sénateurs américains affichent sans gêne. Au Sénat, Keen compte sur le soutien du sénateur de l’Oklahoma et président du Comité des forces armées, Jim Inhofe, aligné également sur la position de Jamed Baker, Keen et Bolton. Le poste de Jim Inhofe lui permet de promouvoir au Sénat la coopération américano-algérienne en matière de défense.

Ne pouvant rester en dehors de cette campagne de propagande dans laquelle il s’est toujours mêlé même quand il était émissaire du SG de l’ONU au Sahara, James Baker a déclaré que la décision de l’administration Trump «risque de créer un climat d’instabilité en Afrique du Nord dont pourraient profiter Al-Qaïda au Maghreb islamique et d’autres groupes terroristes. Dans une tribune publiée dans le Washington Post, l’ancien secrétaire d’Etat américain n’a pas écarté «la possibilité d’une montée des hostilités entre le Maroc et le Front Polisario redoutant qu’Al-Qaïda au Maghreb islamique et d’autres groupes (terroristes) puissent exploiter la situation».

L’autre ancien envoyé personnel du SG de l’ONU pour le Sahara, Christopher Ross, a, lui aussi, laissé tomber le masque de son parti pris. Il a déclaré sur Facebook le 13 décembre 2020 que la décision de Trump ne joue pas en faveur des intérêts des Etats-Unis dans la région, qui doivent se concentrer seulement sur leurs relations avec l’Algérie.

Les agitations d’une partie de la classe politique américaine, intéressée, sont cependant contrées par les succès de la diplomatie marocaine depuis quelques mois notamment, en relation avec l’ouverture de consulats à Laâyoune et Dakhla dont ceux futurs américain et britannique.

Une chose est sûre, les Etats-Unis se sont toujours opposés à la création d’un micro- Etat au sud du Maroc. Pour cette première puissance mondiale, la proclamation américaine est une garantie de la stabilité de la région, ce qui contredit totalement la thèse de James Baker.