Alger se cherche une porte de sortie

Le soi-disant confrontations au Sahara Marocain

La capitale algérienne semble enfin un tant soit peu disposée à revenir à la raison et abandonner son entreprise de “fake news” au sujet d’un conflit dans les provinces sahariennes du Royaume qui n’a de réalité que dans ses canaux médiatiques.

Le régime algérien s’est sans doute enfin rendu à l’évidence que le fait de faire la propagande, via ses canaux médiatiques officiels tels l’agence Algérie presse service (APS), du déroulement d’une soi-disant guerre au Sahara marocain ne mène à rien. Ces mêmes canaux ont ainsi relayé, dans le weekend du samedi 6 et dimanche 7 mars 2021, l’information de la conclusion d’un cessez-le-feu entre le Maroc et le Front Polisario, et ce sous les auspices du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA), qui doit se réunir ce mardi 9 mars 2021 pour discuter de la paix durable en Afrique.

L’Établissement national de télévision (ENTV), la télévision publique algérienne, s’est même fendue d’un article, sur son site web, faisant état de contacts entre le Royaume et le mouvement séparatiste sahraoui. Sauf que le Maroc n’a jamais reconnu la rupture du cessez-le-feu proclamée le 14 novembre 2020 par le Polisario, le lendemain de l’intervention des Forces armées royales (FAR) à la frontière maroco- mauritanienne et plus précisément la zone de tampon de Guergarat, où les milices polisariennes bloquaient depuis plus de trois semaines, et ce en dépit de la condamnation de la communauté internationale, la circulation des biens et des personnes.

Partie prenante
Et cette rupture ne s’est d’ailleurs jamais vraiment matérialisée, en dehors de quelques escarmouches auxquelles les FAR ont toujours rapidement mis fin: comment se ferait-il, dès lors, que le Maroc cherche à réinstituer ce qui a toujours cours dans la réalité? Il n’y avait, en fait, que sur le fil de l’APS que l’on pouvait assister à la soi-disant reprise du conflit armé, 29 ans après, au Sahara marocain. L’APS assurait même, le 10 février 2021, que trois soldats marocains avaient été tués, de façon dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle est abjecte, en ce que l’information est totalement fausse.

Il n’y a, partant, qu’à travers la rumeur du cessez-le-feu qu’Alger peut trouver une porte de sortie, quoiqu’elle veuille donner l’impression de toujours tenir les rênes: c’est ainsi qu’il faut sans doute expliquer la sortie du 6 mars 2021 du soi-disant “ministre” des Affaires étrangères sahraoui, Mohamed Salem Ould Salek, sur l’APS pour démentir tout “contact direct ou indirect” avec le Maroc, tout en accusant encore Rabat d’avoir, à travers son intervention du 13 novembre 2020 à Guergarat, violé le cessez- le-feu en cours depuis le 6 septembre 1991.

Le Maroc considère, ceci dit, que c’est la capitale algérienne, et non le Polisario, qui est la partie prenante au différend du Sahara marocain et c’est à elle qu’il a soumis voilà depuis plus de deux ans la proposition de créer un mécanisme de dialogue conjoint. M. Ould Salek a, de fait, raison de dire que le Royaume n’avait pas pris langue avec son mouvement, et il n’y a de toute façon aucune chance pour que cela advienne à l'avenir.

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