Albert Sadoun, homme d’affaires de Fès, poursuit ses enfants en justice




Albert Sadoun, Marocain installé en France, 86 ans, se trouve ruiné et dans l’incapacité de bénéficier de ses biens. Il saisit d’abord la justice française puis marocaine avec l’espoir d’être rétabli dans ses droits.

Sadoun contre Sadoun! Une affaire qui ne manquera pas de défrayer la chronique. Elle pourrait même inspirer, lorsqu’elle sera connue, la plus cynique des séries de Netflix et autres. Un scandale et de l’ingratitude vis-à-vis de leur père d’enfants devenus adultes. C’est ce que vit malheureusement Albert Sadoun, un homme d’affaires juif marocain à la retraite, originaire de Fès. Il a élevé son fils et ses filles dans la morale la plus stricte -celle des valeurs. Il a été plus que généreux -voire trop?- à leur égard. Aujourd’hui, le voilà dépouillé, pratiquement ruiné. 

C’est pourquoi il a décidé de saisir la justice marocaine, compétente en l’espèce, pour régler un conflit au sein d’une famille marocaine. Cette saisine aura pour objet de lui rendre justice et de faire valoir ainsi ses droits. Elle aura aussi pour effet de rendre publique cette triste affaire. 

L’histoire d’Albert Sadoun? Il a derrière lui une longue vie de travail. Et d’effort. D’esprit d’entreprise aussi. Il a commencé dans les années 60, quand il s’est installé en France et a commencé à ouvrir des commerces de détail d’électroménager et de meubles; puis il a développé avec succès une véritable chaîne de magasins sous les enseignes Levitan ou Shop Salon. En bon père de famille, il a pris soin d’exploiter ces commerces dans des locaux qu’il avait construits ou acquis à titre personnel. A l’âge de la retraite, en 1995, il a cessé son activité commerciale et loué tous ses magasins à de grandes enseignes françaises. Aujourd’hui, son patrimoine foncier est évalué à plus de 40 millions d’euros. 

En bon père de famille également, il a organisé sa succession au mieux de l’intérêt de ses enfants, en les associant ainsi, systématiquement, dans chacune des 12 sociétés civiles immobilières (SCI), alors qu’ils étaient mineurs ou étudiants. Il a tout financé et ce depuis la création de ces sociétés. Ses enfants -Pascale, Judith et David- se retrouvent aujourd’hui actionnaires à hauteur de 75% dans ce patrimoine immobilier.

Asphyxié financièrement 

Le voilà en effet injustement et brutalement révoqué par ses enfants de la gestion de la douzaine de sociétés qu’il a créées et valorisées depuis de près de 40 ans; victime de retraits frauduleux sur son compte bancaire personnel aux États-Unis pour un montant de plus de 1.150.000 USD; totalement asphyxié financièrement; privé de toute perception de dividendes et de toute possibilité de prélèvements sur ses compte courants dans lesdites sociétés, dont le montant s’élève pour- tant à 11 millions d’euros.

A 86 ans, le voilà dépouillé de tout son patrimoine. Au crépuscule de sa vie, il se retrouve ruiné: il n’a plus aucune ressource, hormis sa modeste retraite. Il est dans l’impossibilité d’assumer ses charges courantes et surtout de faire face au coût de toutes les procédures judiciaires en cours. C’est qu’en effet moins de douze procédures judiciaires sont en cours en France et deux autres aux États- Unis -des procédures qui ne verront pas leur terme avant plusieurs années. 

Aussi, Albert Sadoun, sur les conseils de son avocat parisien, a-t-il décidé de saisir cette fois la justice marocaine. Ce n’est pas de gaieté de cœur qu’Albert Sadoun -qui n’aspire qu’à finir ses jours en paix- a décidé d’engager cette nouvelle procédure pour demander la condamnation solidaire de ses enfants et de leurs éventuels complices à lui rembourser la somme de 1.150.000 USD qui lui a été volée aux États-Unis. 

A son âge, Albert Sadoun, le dos au mur, n’a plus rien à perdre! Son avocat parisien le soutient et entend mettre en œuvre toute l’énergie qui est la sienne, pour que justice soit rendue. Me. Jean-David Guedj confie dans un soupir: «En 47 ans de barreau, je n’ai jamais rien vu de pareil, sur- tout dans une famille juive: autant de cynisme de la part d’enfants devenus adultes, qui ont orchestré cette attaque en règle pour dépouiller un père de 86 ans et surtout le laisser dans le besoin en lui volant les seules liquidités de son compte épargne détenu à son nom aux États-Unis...». 

Si les membres de cette famille ne parviennent pas à franchir le fossé qui les sépare, leur affrontement est déjà très violent devant les tribunaux français et américains. Nul doute qu’il sera de la même veine -sinon plus...- devant le tribunal de première instance de Rabat 

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