Aziz Akhannouch, patron du RNI, anticipe l’après-coronavirus

Soutenir la demande, maintenir l'offre, s'éloigner de l'austérité

C’est en homme politique engagé que Aziz Akhannouch, patron du RNI (Rassemblement national des indépendants), a publié une tribune inédite sur la plateforme participative du parti Maba3dcorona destinée à penser «l’après-coronavirus». Objectif: Juguler l’austérité budgétaire et soutenir la demande.

Rien de mieux, par les temps qui courent, qu’une pensée positive et anticipative, qui fait penser d’ores et déjà aux scénarii de l’après-crise. Car comme toute chose, la crise sanitaire liée au Covid-19 a une fin. Le patron du RNI (Parti du Rassemblement national des indépendants), Aziz Akhannouch, voit du positif dans le tableau noir qui se dessine dans le monde à cause des répercussions de la pandémie sur les économies.

De prime abord, il a eu une pensée aux pays ou plutôt aux gouvernants ayant privilégié la santé des peuples sur celle de l’économie. Et là il cite l’initiative clairvoyante du Roi Mohammed VI. «Grâce à la vision clairvoyante de S.M. le Roi, le Maroc a agi vite et avec beaucoup de détermination. Les bonnes décisions et les plus judicieuses ont été prises au bon moment. Notre souverain a, comme à son habitude, été d’abord un grand chef d’Etat, épris d’humanisme, en donnant d’abord et avant tout la priorité à la protection des vies des Marocaines et des Marocains. Il a également fait preuve d’une grande détermination managériale, en faveur d’arbitrages économiques courageux», lit-on dans sa tribune.

Réactivité de la société
Pour M. Akhannouch, les Marocains doivent se sentir rassurés, dans cette situation critique, d’avoir un leader humain qui «a su faire preuve de discernement avec un sens aigu des vraies priorités, en se focalisant rapidement et avant toute chose sur le soutien aux franges les plus vulnérables, les plus en détresse». Et de poursuive concernant la réactivité des composantes de la société suivant les orientations royales: «La meilleure preuve en est la réactivité et l’efficacité de toutes les entités qui sont en ligne de front et particulièrement les médecins et les soignants, les pharmaciens, les autorités locales, le personnel de l’éducation et de l’enseignement, les commerçants, les transporteurs et bien d’autres, dont il faut saluer l’engagement et le professionnalisme».

Et dans un esprit d’anticipation, le chef du parti croit dur comme fer que pour redémarrer rapidement l’activité des entreprises et des structures de production, «un minimum de trois mois sera probablement nécessaire». Pour endiguer la crise économique, souligne-t-il, le Maroc doit agir et agir vite. L’Etat doit s’endetter et accompagner les acteurs économiques tout en soutenant la demande, le pouvoir d’achat des ménages, la restructuration de l’échéancier des crédits à la consommation et des emprunts contractés par les entreprises. Quant à l’offre, il faudra réfléchir à un dispositif pour maintenir sous perfusion la demande et le pouvoir d’achat. Les aides directes le permettront momentanément, mais les entreprises devront progressivement reprendre le relais, réintégrer leurs employés, leur payer leurs salaires, tout en leur assurant des conditions de travail sécurisantes, exhorte-t-il.

Insuffler la confiance
Selon M. Akhannouch, ceux qui prônent aujourd’hui une politique d’austérité font une grossière erreur. Pour lui, S.M. le Roi a clairement montré la voie: Nous sommes dans un nouvel élan de générosité et le seul moyen d’aider les entreprises à redémarrer est de les accompagner, de les soutenir. Pour que l’effort d’endettement de l’Etat permette un effet de levier salutaire, il s’agira d’insuffler une confiance inébranlable dans la relation tripartite (Etat- Entrepreneur- Citoyen), admet-il.

Par ailleurs, dans sa tribune, M. Akhannouch ajoute que notre corps médical et soignant est digne de confiance et que surtout, à l’avenir, la réforme de notre système de santé ne pourra se faire que par eux et avec eux. Pour cela, renforcer le budget de la santé publique est un enjeu stratégique pour l’Etat. Mieux gouverner, mieux dépenser les ressources disponibles, l’est tout autant. Concernant l’école, et au vu de son adaptation, il va falloir accélérer la réforme de notre système d’éducation en prenant le virage numérique.

Pourquoi ne pas penser demain à ce que les écoles, dans le monde rural surtout, fonctionnent en alternance entre l’apprentissage présentiel et les cours à distance? Evidemment, cela nous conduit à la question de la généralisation des services de télécommunications et à la nécessaire extension de la couverture des réseaux internet.

Voilà, là aussi, un chantier à ouvrir rapidement pour les opérateurs télécoms, car dans le monde et le Maroc de demain, l’accès au réseau et à la connexion deviendra un droit vital et sera probablement l’âme de vie de la société de demain. Urbanisme, quartiers périphériques, villes satellitaires… entre autres questions au sujet desquelles le patron du RNI appelle à engager une réflexion dès à présent pour y apporter des réponses.


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