Akhannouch a le vent en poupe


Le président du Rassemblement national des indépendants signe sa rentrée politique


Malgré le boycott dont sa compagnie Afriquia fait l’objet depuis le 20 avril, Aziz Akhannouch n’en veut pas moins toujours en découdre avec ceux qu’il taxe d'ennemis.

Si tant est qu’ils en doutaient, ses détracteurs en sont pour leurs frais: Aziz Akhannouch est toujours dans le game. Sur une pelouse privée de la ville de Marrakech, ce vendredi 21 septembre 2018, le ministre de l’Agriculture et homme d’affaires a mené le bureau politique de son parti du Rassemblement national des indépendants (RNI), dont il est président depuis octobre 2016, à une victoire par cinq buts à deux dans une rencontre de football contre des membres de l’Organisation fédérale de la jeunesse de la même formation.

Des photos partagées sur les médias sociaux le montrent aux anges, visiblement heureux de retrouver la compétition -il a scoré à deux reprises au cours de la partie. Mais c’est surtout sur les terrains de la politique que M. Akhannouch a sans doute le plus à coeur de s’illustrer en cette rentrée 2018/2019.

Rester debout
Le match du 21 septembre n’était d’ailleurs qu’un side event de l’Université des jeunes indépendants, événement annuel de l’Organisation fédérale de la jeunesse du RNI tenu pour la deuxième année consécutive à l’Université privée de Marrakech et dont l’intéressé a profité pour distiller une foultitude de mots d’amour à ceux qu’ils qualifient d’«ennemis du succès politique» de son parti. «Nous sommes debout et nous resterons debout,» a-t-il assuré sous les acclamations des quelque 4.000 membres de sa formation ayant fait le déplacement dans la ville ocre.

Tout au long des mois précédents, M. Akhannouch s’était muré dans le silence, alors qu’il faisait l’objet d’attaques et de critiques sur fond de boycott, depuis le 20 avril, des stations- services de sa société Afriquia: une campagne démarrée anonymement sur les média sociaux et visant également les compagnies de produits laitiers Centrale Danone et d’eau minérale en bouteille Sidi Ali.

La bataille de la primature
Philosophe, M. Akhannouch y voit aujourd’hui la patte de ceux qui selon lui se mettent en travers du parcours de confiance suivi par son parti et qui s’attaquent au «travail sérieux», au fait que sa formation ait «augmenté le rythme du travail», «donné un sens nouveau à la politique» et «coupé court à l’idée des officines électorales» et, surtout, qu’il ait «attiré les compétences, les jeunes, les femmes et toutes les catégories». «Nous savons aujourd’hui que la meilleure preuve du succès de ce parcours est le volume attaques ,» a-t-il clamé.

Son réquisitoire semble surtout viser son «allié » du Parti de la justice et du développement (PJD), dont plusieurs caciques ou «faucons» comme ils sont surnommés par les médias nationaux semblent encore lui tenir rigueur de leur avoir imposé l’Union socialiste des forces populaires (USFP) au gouvernement, alors que l’ancien secrétaire général du parti islamiste et ancien chef de l’Exécutif, Abdelilah Benkirane, s’y était refusé plusieurs mois durant.

M. Benkirane avait d’ailleurs pris à parti le 4 février, lors du VIe congrès de la jeunesse du PJD (JJD), M. Akhannouch pour «oser» vouloir disputer la primature à son parti aux prochaines élections législatives prévues en 2021. «Quelle voyante lui a dit ?,» l’avait-il invectivé. M. Akhannouch y avait déjà répondu le lendemain en regrettant, lors d’une intervention devant la diaspora marocaine dans la ville de Paris, que «des partis parlent des personnes» alors que le RNI met selon lui l’accent sur «les projets de développement de notre pays».

Réquisitoire contre une “allié”
A Marrakech, il a interpellé ceux qui «veulent» selon lui «contrôler qui doit faire de la politique et qui ne doit pas faire de politique». «Ils nous ont attaqués parce que ce sont eux qui profitent de l’opacité du paysage politique de notre pays et de la désaffection des jeunes femmes et hommes politiques, et ils parient sur la déshérence de la place publique pour garantir leur continuité,» a-t-il fustigé. Le PJD a visiblement compris le message, puisque plusieurs de ses représentants ont vivement réagi à l’intervention de M. Akhannouch et surtout celle, à la même occasion, du ministre RNI de la Jeunesse et des Sports, Rachid Talbi Alami, qui s’en était pris au projet selon lui «hégémonique» du parti is lamiste.

En tout état de cause, M. Akhannouch est décidé à conquérir le coeur des Marocains pour faire du RNI le premier parti du pays. Son crédo, c’est le triptyque enseignement-santé- travail, dont il a fait son principal cheval de bataille. «Nos véritables ennemis sont la pauvreté, la précarité et le chômage,» a-t-il souligné.

A l’horizon 2025, il espère garantir une «vie digne» à la grande majorité des citoyens, en créant notamment quelque 2 millions d’emplois. «Au sein du parti, nous avons des compétences qui peuvent créer 1.000, 3.000 et jusqu’à 10.000 emplois dans l’entreprise. Et nous en avons qui peuvent créer 500.000 emplois dans le cadre d’un plan industriel,» a-t-il illustré. Ses «ennemis» sont prévenus: la partie ne fait que commencer...

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