Aït Taleb agite de nouveau le bâton du confinement

Risque de troisième vague

Le Maroc est loin d’être sorti de l’auberge de la Covid-19. Et il pourrait même, à l’instar de nombreux autres pays de par le monde, connaître une nouvelle vague de contaminations. Pessimiste? Plutôt une crainte légitime que, malheureusement, les chiffres ne sont pas pour démentir: ce 6 juillet 2021 par exemple, le Royaume voyait son nombre de cas dépasser le seuil des 1.000 et atteindre très exactement les 1.177, ce qui n’était plus arrivé depuis la fin du mois de janvier 2021. Et, surtout, parmi les nombreux cas décelés en ce début d’été 2021, 43 appartiennent au fameux variant Delta.

Le ministère de la Santé est, à cet égard, formel: “en cas de persistance de l’indifférence des citoyens, la négligence et le non-respect des mesures de précaution et des gestes barrières”, a-t-il souligné dans un communiqué, il n’exclut pas un “durcissement des mesures”. “Il a été constaté malheureusement un relâchement total, voire l’absence du respect des mesures préventives et des gestes barrières les plus simples et qui ne coûtent rien, en dépit des alertes continues lancées par le ministère,” a-t-il regretté.

Mais qu’entend exactement le département de Khalid Aït Taleb par “durcissement”? Cela équivaudrait-il à un retour au confinement dur d’il y a quelques semaines encore? C’est ce que l’on conclurait à en juger du fait qu’il souligne que la “situation” qu’il juge “préoccupante” en ce moment “intervient dans le sillage de la levée des restrictions sur les voyages internationaux et de la reprise des activités sociales, sportives et culturelles, doublées de l’assouplissement avancé des restrictions du confinement nocturne et des déplacements internes”.

Et il n’y a pas à écarter que M. Aït Taleb milite en coulisses pour le “durcissement” dont son ministère avertit, lui qui pour rappel était à un moment allé dans les premiers mois de la pandémie au Maroc, début mai 2020, jusqu’à contredire le propre Chef de son gouvernement, à savoir Saâd Eddine El Othmani, après que ce dernier ait abondé dans le sens d’un assouplissement de l’état d’urgence sanitaire.

On pourrait même imaginer une situation où le Maroc se retrouverait confiné jusqu’à ce que son immunité collective soit assurée. Les Marocains l’accepteront-ils seulement alors? Car il faut rappeler que la pandémie a, économiquement parlant, été vraiment dure pour un pan non négligeable d’entre eux, et que là où dans les pays riches on a pu compter sur des mesures d’accompagnement qui d’ailleurs dans beaucoup de cas se poursuivent toujours, l’État marocain n’a, pour sa part, pu soutenir ses efforts, quand bien même ils sont à saluer, au-delà de quelques mois. Difficile donc d’imaginer qu’un nouveau confinement puisse passer crème...