CGAM Hssabe 970X250

Ahmed Toumi tire au clair certaines zones d'ombre

Brouille autour du report des échéances des crédits bancaires

Le député istiqlalien Ahmed Toumi revient dans cette intervention sur les préjugés portés sur les banques pendant cette crise sanitaire, notamment en rapport avec le report des échéances des crédits. Explications.

En sa qualité de membre de la Commission des finances et du développement économique à la Chambre des représentants, le député Ahmed Toumi en a vu tellement de débats sur les accusations portées contre les banques marocaines depuis le début de la pandémie et particulièrement avec la brouille née de la décision conjointe GPBM-Comité de veille économique relative au report des échéances des crédits aux particuliers et entreprises pour une durée de trois mois.

Pour Ahmed Toumi, il ne faut pas avoir la mémoire courte. Même avant la pandémie de Corona, les banques ont mobilisé 3 milliards de dirhams dans le cadre du projet ‘’Intilaka’’ à un taux d’intérêt se situant entre 1,5 et 2%. Et dès l’apparition de la pandémie au Maroc, les banques ont joué un rôle capital dans la gestion de cette crise sanitaire, d’abord à travers des contributions directes dans le Fonds spécial et en assurant la continuité des services bancaires et en alimentant, en continu, les guichets automatiques avec la liquidité nécessaire.

Ce qui est un précédent dans l’histoire moderne du Maroc, ajoute-t-il, c’est que les banques ont assuré avec brio la distribution des aides allouées à plus de 5 millions de familles sur l’ensemble du territoire du Royaume. Au vu de tout cela, les banques méritent-elles toutes ces critiques dont elles font l’objet pendant cette crise sanitaire?, s’interroge-t-il. Qu’est-ce qui a provoqué ces critiques? D’après lui, les décisions proactives prises par le Comité de veille économique, en particulier celles relatives au report du recouvrement des échéances des crédits immobiliers et de consommation et les crédits leasing pour les entreprises jusqu’au 30 juin, exempts de taxes et d’agios, ont été mal comprises.

Un risque à ne pas encourir
La décision parle de taxes et d’agios et non de rééchelonnement des échéances qui impacte la durée et le taux. Il donne pour exemple une petite entreprise qui contracte un crédit de 1 million de dirhams sur 10 ans avec un taux d’intérêt de 5%. Ce qui se passera en cas de report des échéances, si on ne touche pas au montant de l’échéance mensuelle (10.607 dirhams), c’est que le capital du crédit sera majoré de 20.801 dirhams, l’équivalent de deux échéances mensuelles. Et au cas où veut garder la même durée du crédit, l’échéance mensuelle sera de 10.740 dirhams, soit une majoration de 133 dirhams par mois.

Par ailleurs, il est utile de souligner que le taux des créances en souffrance ou de sinitralité tourne actuellement autour de 7,5% (équivalent de 70 milliards de dirhams), soit le double de celui enregistré en Europe. Ce qui veut dire que toute difficulté supplémentaire dans le recouvrement des dettes pourrait aggraver la situation et gripper la roue des prêts, particulièrement en rapport avec le produit «Damane Oxygène», ou paralyser l’économie nationale. C’est un risque à ne pas encourir et pour cela, les efforts de tous, banques, entreprises et particuliers, doivent être conjugués afin de dépasser cette crise sanitaire avec un minimum de pertes, conclut M. Toumi.