Ahmed El Biaz invité de marque du 30ème anniversaire du fonds du conseil international des aéroports à Barcelone

Une mémoire vivante de l’aviation civile mondiale


L’invitation qui lui a été adressée en dit long sur les réalisations de Ahmed El Biaz et ses contributions dans l’édification des socles de l’aviation civile moderne.

Ahmed El Biaz, ancien directeur général de l’Office national des aéroports, a été un invité pas comme les autres à l’Intercontinental Barcelone d’Espagne le 24 juin 2023. L’événement était le 30ème anniversaire du Fonds du Conseil international des aéroports (ACI) pour les pays en développement. Il a été convié par Antoine Rostworowski, vice-président senior de ACI World et Secrétaire Corporatif du Fonds ACI. Son invitation était plus qu’honorifique. La lettre de M. Rostworowski en témoigne.

Contributions inestimables
« (…) Nous savons ainsi que vous avez été l’un des dépositaires de la mémoire de l’aviation civile internationale, étant l’un des fondateurs et l’un des responsables dynamiques dans la mise en oeuvre du soutien de l’aviation civile des pays en développement, notamment en matière de formation, durant la première décennie de l’activité de l’ACI et du Fonds ACI », souligne- t-il dans la lettre d’invitation. Un témoignage qui en dit long d’abord sur les mérites de M. El Biaz et ensuite sur ses contributions inestimables dans l’édification des socles de l’aviation civile moderne, mais aussi et surtout dans la formation de ressources humaines, en matière de sûreté et de gestion des crises. Mais ce n’est rien à comparer avec les propos touchants de Luis Felipe de Oliveira, Directeur Général, ACI World, qui, dans son allocution d’ouverture, n’a pas tari d’éloges sur les réalisations de M. EL Biaz. « J’ai une profonde gratitude et reconnaissance pour les nombreuses réalisations exceptionnelles accomplies par M. El Biaz tout au long de sa carrière.


Rôle central
Depuis son rôle déterminant dans la création de l’Office des Aéroports de Casablanca et la transition vers l’Office National Des Aéroports, jusqu’à son implication dans la fondation de l’ACI, sa contribution fut des plus significatives ». Luis Felipe de Oliveira a ajouté que la mise en place du premier centre de formation du Fonds ACI à Casablanca, l’organisation de la 4e Conférence de l’ACI à Marrakech et la création de la société Avia Partners sont des exemples remarquables de son incomparable dévouement au secteur. «Son héritage dans le domaine de l’aviation civile perdurera et continuera d’influencer positivement les générations futures. Le Fond ACI est essentiel dans la promotion de l’excellence du domaine aéroportuaire. Depuis sa création, il a joué un rôle central dans le renforcement des compétences et des normes professionnelles du secteur dans les pays émergents. Au nom d’ACI World, je remercie profondément M. El Biaz pour sa contribution majeure à ce projet», a-t-il déclaré avec émotion devant un parterre de grands noms de l’aviation civile internationale. Les propos du patron du Conseil international des aéroports sont lénifiants mais les faits sont têtus. M. Biaz avait pris, en effet, les destinées du Fonds ACI pour les pays en développement depuis sa création en 1993.

Plateforme aéroportuaire
Deux ans plus tard, en 1995, il a mis sur pied le premier centre francophone de formation en exploitation labélisé Trainer du Fonds ACI pour les pays en développement, agréé par le conseil international des aéroports. Il était basé à Casablanca. Ce qui a valu à M. EL Biaz ses premiers galons. Cet exploit – et il en est vraiment un- lui permet de défendre en terre marocaine et arabo-musulmane une cause, celle de construire, sous l’impulsion de feu Hassan II, l’aéroport international de Gaza, inauguré le 24 novembre 1998, en présence de Yasser Arafat, de Bill Clinton. L’aéroport international de Gaza incarnait les espoirs des Palestiniens de sortir le pays de son enclavement en le dotant d’une plateforme aéroportuaire qui le connecterait au reste du monde. Ce fut un véritable bijou architectural marocain. En 1996, l’OACI accrédite le Centre de formation en sûreté pour le monde arabe, l’Afrique et l’Europe. Une lourde responsabilité pour Ahmed EL Biaz que l’homme a bel et bien assumé avec brio.

On lui fait alors confiance pour présider un an après, à Bahreïn, le comité ad hoc de l’ACI pour les ressources humaines et la formation. « J’avais programmé 10 formations, des stages d’envergure internationale, dont huit au Maroc. On avait mobilisé des experts de plus haut niveau du monde entier », nous confie M. El Biaz. Le tournant historique ayant marqué la création de ce centre de formation par excellence fut l’organisation en 1998 d’un séminaire sur la gestion des crises, à Casablanca, suivi d’une simulation réelle des crises et des tentatives de détournement d’avions. Le 2 e du genre au monde après l’Australie », se rappelle l’ancien directeur général de l’ONDA. La gestion des crises était à l’époque une formation très prisée et techniquement difficile à réaliser. Mais M. EL Biaz et ses équipes l’ont réussie, haut la main. Depuis, les demandes sur cette formation de pointe lui parvenaient des grands aéroports du monde, notamment européens.

Gestion des crises
En 1999, le Centre a organisé le 2 e séminaire sur la gestion des aéroports, animés par 25 hauts responsables de l’aviation. Au total, des participants d’une soixantaine de pays dont 26 pays africains ont bénéficié des ces formations. Le nom de Ahmed El Biaz fut ainsi gravé dans la mémoire de l’aviation civile internationale comme un co-fondateur du Fonds ACI qui a su relever magistralement le défi de la formation dans ce domaine. La preuve, quatorze ans après sa retraite, il fut le seul responsable du monde de l’aviation civile à être invité au centenaire de l’aéroport du Bourget en 2014. Et vingt-deux ans après, le Conseil international des aéroports le convie au 30 e anniversaire du Fonds pour les pays en développement. Sa notoriété au sein du gotha des vétérans de l’aviation civile n’a pas été affectée depuis. Bien au contraire.

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