Agriculture: Crédit Agricole du Maroc au chevet des jeunes porteurs de projets

Encourager les jeunes à investir est un choix stratégique pour le Maroc. L’objectif étant de générer une vraie classe moyenne rurale basée sur l’entreprenariat. C’est ainsi que le Groupe Crédit agricole multiplie les initiatives pour accompagner ces orientations de l’État marocain.

Lundi 6 décembre 2021 à Rabat, un prestigieux hôtel de la capitale s’apprête à accueillir les plus grands acteurs et responsables du secteur de l’agriculture au Maroc. Parmi les figures présentes, on remarque, notamment, le nouveau ministre de tutelle, Mohamed Sadiki, ainsi que le président du directoire du Groupe Crédit agricole du Maroc (GCA), Tariq Sijilmassi, qui a donné le coup d’envoi à une conférence sur la dynamisation de l’entrepreneuriat agricole et rural. “L’accompagnement par l’État, le financement et la volonté sont tous là, mais il faut surtout oeuvrer pour la pérennisation des projets sur le temps afin de garantir la réussite des jeunes entrepreneurs en milieu rural”, insiste M. Sijilmassi dans son allocution, qui préférant garder les détails pour les interventions suivantes, notamment celle de M. Sadiki.

La force des jeunes
C’est donc l’objectif de cette messe de l’entreprenariat agricole pensée par le département de tutelle et les cadres du Crédit Agricole du Maroc: présenter aux jeunes les opportunités déjà présentes susceptibles de leur ouvrir les portes de l’investissement dans le secteur agricole et générer de l’emploi et de la richesse. Mais aussi débattre des défis actuels auxquels les jeunes sont confrontés, et les mesures adoptées par les différents acteurs du secteurs pour y faire face.

“Encourager les jeunes à se lancer dans l’entreprenariat agricole et rural fait partie des axes majeures de la stratégie Génération Green 2020-2030”, affirme le ministre de l’Agriculture et de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts dans sa première intervention lors de la conférence.

Pour M. Sadiki, l’objectif consiste, à long terme, à donner naissance à une classe moyenne rurale, en développant une agriculture durable, innovante et compétitive. Mais cela ne passera pas uniquement par l’augmentation des revenus, mais également par la facilitation de l’accès des citoyens aux différents services sociaux essentiels. Des aspirations freinées par nombreux facteurs comme, entre autres, “l’accès difficile au foncier agricole, la lenteur des procédures administratives et la faiblesse des compétences en gestion de projets”.

La conférence est donc l’occasion pour le Groupe Crédit Agricole d’annoncer ces initiatives pour aider les jeunes voulant s’aventurer dans l’entreprenariat agricole et rural. À l’image de Dar Al Moustatmir Al Qaraoui (littéralement, maison de l’investisseur rural), nouveau dispositif d’accompagnement non financier, offrant “accueil, encadrement et orientation totalement gratuits aux porteurs de projets, clients ou non clients de la Banque”, afin de les accompagner dans la préparation, le montage et la concrétisation de leurs projets, afin de maximiser leurs chances d’obtenir un financement.

“Nous voulons passer de la stratégie, de la théorie, à la pratique, en facilitant la tâche aux jeunes pour accéder au financement et l’accompagnement et c’est pour cela que nous avons créé un guichet unique pour eux”, explique Redouane Arrach, directeur de la stratégie et des statistiques au ministère de l’Agriculture, ajoutant que des centres sont mis en place à cet effet, en prenant en considération l’aspect de proximité géographique des porteurs de projets. Le financement reste toutefois une des principales préoccupations des jeunes porteurs d’idées. C’est dans ce sens-là que Hanane Aajli, directrice du pôle accompagnement du développement agricole au sein du GCA a rappelé que l’offre Intelaka, initiée par le roi Mohammed VI en 2020, permet d’obtenir des prêts d’une somme allant jusqu’à 1,2 million de dirhams, sans devoir fournir des garanties personnelles du porteur du projet, et avec un taux d’intérêt de 1,75% seulement.

Multiples initiatives
Pour Mme Aajli, “les jeunes sont au coeur du développement du pays et surtout de l’économie rurale”, ajoutant que pour accompagner une dynamique pareille, il faudra désormais “coordonner les multiples initiatives prises par les différents intervenants dans le secteur” afin d’en tirer les meilleurs résultats.

Par ailleurs, le CAM propose deux packs baptisés “CAM-Génération Green’’, chacun étant adapté à une cible précise. Le premier pack, CAM-Génération Green Jeunes, s’adresse aux jeunes agriculteurs ainsi qu’à la jeune entreprise rurale de services à l’agriculture, et vise à accompagner tout porteur d’un projet viable dans le cadre d’une première installation ou d’une reconversion. Quant au second, CAM-Génération Green Melkisation, il bénéficie aux ayant-droits des terres collectives à titre individuel (personne physique) ou en groupement agricole (personne morale), et leur permet de réaliser des projets de modernisation des activités et pratiques agricoles.

De son côté, le Centre d’étude et de crédits TPE (CTPE) du GCA assure la prise en charge et le traitement optimal des dossiers de financement d’Al Moustatmir Al Qaraoui. Depuis le lancement de ce programme en 2020, CAM a accordé, au 31 octobre 2021, 6.600 crédits totalisant environ 800 millions de dirhams. 27% des projets financés dans ce cadre portent sur la mécanisation agricole, et 21% sur les systèmes d’irrigation et les pompes solaires.

“Success Stories”
Au-delà des programmes chiffrés et des stratégies détaillées, les exemples concrets et inspirants constituent sans doute le meilleur moyen d’attirer les jeunes vers le monde de l’entreprenariat, et les inciter à franchir le pas. Plusieurs entrepreneurs agricoles ont ainsi pu prendre la parole. C’est le cas de Souhad Aznoud, présidente de la coopérative “Ariaf Kissane” dans la région de Taounate, venue présenter son expérience d’entrepreneure dans le secteur agricole. Avec une bouteille d’huile d’olive et un sachet de graines bio qu’elle produit, et sa voix pleine d’espoir et d’énergie, elle raconte fièrement sa fabuleuse success story dans l’entreprenariat agricole.

“Chacun des douars dans ma région compte au moins 20 diplômés qui se plaignent du manque d’opportunités. Moi, je dis qu’il faut essayer, frapper aux portes, et même échouer avant de réussir comme ce fut le cas pour moi d’ailleurs”, explique- t-elle. Pour elle, le milieu rural offre un immense potentiel d’investissement qui ne demande que de la créativité et de l’originalité pour se distinguer.