Agression sexuelle d'une jeune femme à Tanger: Quatre suspects arrêtés

La Direction générale de sûreté nationale (DGSN) annonce l’arrestation de l’agresseur et de son complice qui a filmé la scène, ainsi que deux autres suspects qui seraient impliqués dans l’enregistrement et la diffusion de la vidéo.

Le harcèlement sexuel encore au devant de la scène. A l’origine, une vidéo postée sur les réseaux sociaux dans laquelle on aperçoit un jeune homme qui soulève la robe d’une dame qui marchait dans la rue avant de la frapper aux fesses. Une scène qui s’est déroulée à Tanger, précisément dans le quartier de Boukhalef. Cette agression sexuelle a suscité une vague d’indignations sur les réseaux sociaux. Plusieurs Marocains ont exprimé leur colère en voyant cette séquence.

Plusieurs associations l’ont également vivement dénoncée et appellent les autorités à sévir contre ces agresseurs. Même le Conseil national des droits de l’homme (CNDH) est monté au créneau pour condamner cet acte. «Chantage sexuel à la faculté de Settat et harcèlement sexuel violent dans les rues de Tanger. Deux victimes, deux tragédies, deux scandales. La lutte contre l’impunité des agresseurs doit être érigée en priorité. Seule manière d’encourager les victimes à rompre le silence», écrit sa présidente, Amina Bouayach, sur son compte Twitter le 14 septembre. Quant au Comité parité et diversité 2M, il «condamne cet acte odieux et espère que cette agression ne restera pas impunie».

Des suspects mineurs
Dès la publication de cette vidéo sur la toile, la Direction générale de sûreté nationale (DGSN) avait entamé des investigations pour identifier et mettre la main sur leurs auteurs. Défi relevé par la police, qui annonce dans des communiqués publiés le 15 septembre, l’arrestation de l’agresseur et de son complice qui a filmé la scène, âgé de 15 ans, ainsi que deux autres suspects qui seraient impliqués dans l’enregistrement et la diffusion de la vidéo, précise la DGSN, qui a par ailleurs annoncé l’ouverture d’une enquête pour connaitre les motivations de tels actes, après avoir constaté que la victime n’a pas déposé une plainte.

En principe, ces adolescents risquent gros, si l’on se fie à l’article 503-1-1 de la loi 103-13 relative à la lutte contre les violences faites aux femmes, qui stipule que «est coupable de harcèlement sexuel et est puni de l’emprisonnement d’un à six mois de prison et d’une amende de 2.000 à 10.000 DH ou l’une de ces peines, quiconque persiste à harceler autrui dans (…) les espaces publics ou autres, par des agissements, des paroles des gestes à caractère sexuel ou à des fins sexuelles».

L’autre délit qui pourrait être retenu contre eux, c’est celui d’outrage public à la pudeur suite à la diffusion de la vidéo sur les réseaux sociaux. Un acte pour lequel ils encourent un mois à deux ans de prison et une amende de 200 à 500 dirhams, selon l’article 483 du Code pénal. Dans la pratique, ces condamnations pourraient être différées puisque qu’ils ne sont pas encore majeurs.

Cette agression n’est malheureusement pas la première à se produire à Tanger. Une vidéo diffusée sur la toile fin juillet 2017 montrait le harcèlement sexuel d’une femme habillée en jeans et teeshirt par un des jeunes hommes dans la même ville. Dans une autre vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux dans la nuit du dimanche 20 au lundi 21 août 2017, on pouvait apercevoir un groupe d’adolescents qui harcelaient sexuellement une jeune demoiselle dans un bus à Casablanca, sans que le chauffeur ne réagisse. La police avait annoncé, à l’époque, l’arrestation de dix individus âgés de 15 à 17 ans. Autant d’actes condamnables et punissables.