Une agitation qui cache mal la violente répression en Algérie

Une tornade médiatique Algérienne autour d’une petite caserne à Jerada

Le projet de construction d’une caserne militaire à Jerada alimente la machine militaire algérienne de propagande anti-marocaine. Tout est bon pour détourner l’opinion publique internationale de la répression meurtrière des manifestations en Algérie.

Certains hauts responsables de la junte militaire ont apparemment eu le virus. Même asymptomatiques, cela n’empêche que le virus a eu son effet sur leur bon sens. Ils ont fait appel à leurs relais médiatiques pour véhiculer une information pour le moins extravagante. Selon le site observ’algérie, du mercredi 24 juin 2020, l’Algérie envisagerait l’édification d’une base militaire à sa frontière avec le Maroc en riposte à un projet similaire lancé par Rabat.

Pour le site TSA, le projet militaire marocain serait destiné à abriter «des structures d’espionnage électronique» avec «l’aide des Israéliens». Pour sa part, le quotidien algérien El Khabar a réservé la Une de son édition du jeudi 18 juin à ce sujet. L’article est intitulé Le Maroc passe à l’étape de la ‘menace militaire” de l’Algérie. «Des cartes prouvent sa disposition à construire une base à 38 kilomètres des frontières», écrit le journal. Un autre quotidien francophone, L’Expression, parle d’escalade militaire. C’est l’illustration parfaite du proverbe marocain: «Les obsèques furent grandioses alors que le mort était une souris».

Un non-événement gonflé
Car, les Forces armées royales avaient précisé qu’il s’agissait d’une simple caserne à Jerada… Le 30 mai 2020, l’armée a apporté des précisions pour dire qu’il s’agit plutôt d’«une petite caserne à vocation d’hébergement de troupes» et non pas d’une base militaire.Preuve de plus, dans son édition du 21 mai 2020, le Bulletin officiel publiait un décret d’expropriation, au motif de l’«intérêt public», d’un lot de terrain de plus de 23 hectares, situé dans la forêt Ben Ali, relevant de la commune de Laâouinate, à Jerada, au profit de l’Administration de la défense nationale pour la construction d’une caserne militaire.

Tandis qu’il ne s’agit que d’une caserne de taille modeste, le pouvoir algérien s’emballe et s’empare d’un non-événement pour en faire une affaire maroco-algérienne et faire accroire à des visées belliqueuses de la part du Maroc. Alors qu’en vérité, il n’en est rien. Il y a une dissension à l’intérieur de l’institution militaire algérienne, qui se nourrit de divergences entre hauts responsables autour de prérogatives. Une récente purge a d’ailleurs démontré qu’une crise de confiance s’installe et que des «tribus» se disputent les ficelles du pouvoir et les «bonnes décisions» à prendre face à l’infatigable mouvement de contestation. La répression, violente et meurtrière, contre toute forme de contestation est devenue un secret de polichinelle.

L’Algérie officielle est dénudée devant la scène internationale. Et l’amendement apporté à la constitution algérienne visant à permettre à l’armée de participer à des missions onusiennes de paix n’est qu’une tentative désespérée de cacher cette crise interne et de «voiler le soleil à l’aide d’un tamis».


3 commentaires

  • Diab riad

    25 Juin 2020

    Je pense que la taille de l’hébergement de troupe est considérable ( 230.000 m2), soit une surface d'une longueur d'un Km sur une largeur de 230 m.

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