Quand les agents de sécurité outrepassent leurs prérogatives

Une profession décriée par les Marocains

Les agents de sécurité font carrément la loi et empêchent les citoyens d’accéder aux différents services. Un non-respect de la loi qui provoque souvent des drames humains terribles.

Les hôpitaux au Maroc ne souffrent pas seulement d’un manque de moyens humains et techniques pour soigner les Marocains. Ils souffrent également d’un phénomène majeur: les agents de sécurité. Plantés devant les portes pour assurer la sécurité des lieux, ces agents de sécurité font carrément la loi et empêchent les citoyens d’accéder aux centres de soins. Un non-respect de la loi qui provoque souvent des drames humains terribles.

A cause de ces agents, de nombreuses femmes enceintes ont été obligées d’accoucher devant la porte d’hôpital, sans aucune assistance médicale. D’autres patients, atteints de maladies graves, ont dû mourir chez eux après avoir tenté de se faire soigner à l’hôpital, tant le comportement irresponsable des agents de sécurité a constitué, entre autres, un frein majeur à leur accès aux soins. Il se trouve que ce phénomène n’est pas propre aux structures hospitalières. On le retrouve également dans plusieurs secteurs, notamment dans les hôtels et les boîtes de nuit.

Fin août dernier, un touriste étranger, de nationalité saoudienne, a été battu à mort par les agents de sécurité dans une boîte de nuit appartenant à un établissement hôtelier à Casablanca. Gravement blessé, il a été conduit à l’hôpital où il a rendu l’âme. Dans la foulée, sept individus ont été interpellés, soupçonnés d’être impliqués dans une affaire de coups et blessures ayant entraîné la mort. Trois des suspects ont été placés en garde à vue. Les quatre autres sont mis à la disposition de l’enquête menée sous la supervision du parquet compétent.

Les boulangeries et les pâtisseries ne dérogent pas à la règle. Après la crise du Covid, la plupart d’entre elles se sont offert les services d’agents de sécurité qui maltraitent à longueur de journée les clients.

Un frein au développement
Le même phénomène existe dans les administrations publiques. Alors que les services publics devraient être facilement accessibles aux citoyens marocains, les agents de sécurité se dressent impunément devant ce droit constitutionnel. A cause de leur excès de zèle, probablement nourri par les instructions de leurs supérieurs, ces agents outrepassent souvent leurs prérogatives et font en sorte que les citoyens n’accèdent pas correctement aux services publics.

La faute à qui? Certainement à leurs supérieurs et aux responsables administratifs qui se cachent dans leurs bureaux ou s’absentent pour vaquer à leurs affaires personnelles.

Pour beaucoup, le manque de responsabilité chez nos gouvernants et nos élus est le principal facteur qui a encouragé cette nouvelle culture de pouvoir octroyée illégalement aux agents de sécurité mais dont les conséquences sur la société et le développement humain sont très dramatiques.